02 juillet 2020

DÉBRANCHÉ !

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Finalement, c’est très bien, le confinement ! On lit, on regarde ses dévédés, on fait du jogging ou du vélo ! On observe les gens abrité derrière un masque sans qu’ils puissent vous juger sur la mine ou voir si vous vous êtes rasé ou pas ce matin !!

On se retrouve chez soi avec des tas de fantômes mais tous les Parisiens qui causent dans le poste ne semblent pas avoir plus de matérialité que vos propres ectoplasmes – sauf quand ils vous envoient les flics afin de contrôler que vous ne faites pas de jogging à plus d’un kilomètre de chez vous -.

Entre mars et mai je me suis quand même bien démené – sans apéros-Skype ni réunions-Zoom - pour maintenir du lien social avec l’atelier d’écriture de Villejean et les M’A2R1 d’O douce et j’ai repris très vite contact à partir du 11 mai avec Am’nez zique et les Biches.

Mais j’ai chopé aussi une vieille fatigue au sortir de cette période : mes complices joueurs d’échecs ont jeté l’éponge, nous n’avons pu organiser qu’une toute petite fête de la musique, les chanteurs et chanteuses de l’A2R1 s’étant égaillé·e·s-égayé·e·s dans la nature, et surtout j’ai perdu le goût de participer au Défi du samedi.

J’essaie de résister à cela mais c’est dur. Trop occupé par mes voyages dans le temps, ma chasse aux belles images et mes archives de Neil Young, le chanteur pour poulaillers d’acajou. 



Et en plus parfois, ça ne veut vraiment pas.

Par exemple, pendant le trajet de voiture vers Lannion j’ai écrit quelque chose sur la confiture (Défi n° 616 du 13 juin 2020). « Chouette ! » me suis-je dit, j’ai emmené mon nouvel ordi-tablette, je vais pouvoir le taper et l’envoyer dans les délais impartis depuis ce Trégor si cher à l’oncle Walrus.

Sauf que pour utiliser le Word qui est dessus, il faut être connecté ! Ok, j’emprunte les codes WIFI de notre hôtesse et je commence, entre deux piapiatages, à taper mon délire. Puis je m’aperçois que ça ne va pas être coton de l’envoyer : j’ai oublié d’emmener le mot de passe qui donne accès à mon webmail. Tant pis, je demanderai à Marina B. si elle connaît les siens par cœur.

Après quelques parties décevantes de « Six qui prend », un jeu qui ne laisse pas place à la stratégie, finalement, quand on applique ses règles stricto sensu, nous allons passer une bonne nuit, bercés encore par l’écho du bruit de la pelleteuse qui a retourné le jardin du voisin tout l’après-midi.

200617 Nikon 026Le lendemain matin, je vais faire mon jogging local. La pelleteuse est déjà à l’ouvrage. Quand je reviens, elle a terminé sa besogne.

Puis sur le coup de dix heures, quand ces dames sont prêtes, nous descendons faire un tour en ville. Mais avant de nous mettre en chemin vers l’étape Gwalarn, l’arrêt obligatoire à LA librairie du lieu, il y un mémorable épisode de soufflage dans les bronches de l’artisan-aménageur de territoire.

 C’est qu’on ne soulignera jamais assez le zèle et la délicatesse des déménageurs bretons, des pêcheurs du Guilvinec ("Sarkozy ! Encorné !") et surtout des pelleteurs lannionais réunis. Ces gougnafiers-là se sont barrés sans prévenir leur patron – c’est lui qui était là et a pris la gueulante en pleine tronche– ni la voisine, c’est-à-dire Madame Anita, qu’ils avaient haché d’un coup de pelleteuse bien placé le fil téléphonique qui reliait sa petite maison au village mondial !

Bien entendu Orange n’est pas venu réparer dans les délais promis, à savoir avant le samedi soir.

Désolé, cher oncle, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !

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- Qui dira le côté tristouille
De ce fil coupé  qui pendouille ?

- Ben, Joe Krapov, l'espèce d'andouille !

Posté par Joe Krapov à 15:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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CONFÉRENCE SANS DÉFÉRENCE SUR LA CONFITURE ET LA DÉCONFITURE

DDS 616 Einstein

Rien de tel que la langue pour vous faire sourire. Je ne parle pas ici de l'organe qu'il faut tourner sept fois dans sa bouche avant de dire quand même une bêtise - encore que la photo sur laquelle Albert Einstein tire la sienne n'est pas vraiment triste - mais bel et bien de ce corpus de phonèmes sans logique dont nous nous servons pour communiquer les uns et les unes - surtout les unes ! - avec les autres.

Considérons par exemple le préfixe "dé-". Dans faire-défaire, construire-déconstruire (ou truire-détruire) il semble signifier une idée de contraire, de retour à l'état primitif d'une situation.

"Défaire la nuit ce que j'ai fait le jour, cette magnifique tapisserie qui représente une citoyenne solesmienne qui prépare des confitures, c'est comme détricoter, ça me met les nerfs en pelote." Pénélope Fillon.

Mais cela n'a rien de systématique, surtout si on prend l'exemple de gommer-dégommer :

"Quand Hergé gomme Tintin, s'il a appuyé fort avec son crayon 4B on peut encore voir le contour du personnage sur la feuille, surtout s'il a grossi un peu le trait comme dans « Tintin au Congo ». Par contre si c'est un sniper qui dégomme le bonhomme il ne reste que dalle. ». Joe Krapov.

Justement dalle et dédale n'ont rien à voir ensemble sauf si c'est Béatrice Dalle qui sort du dédale et réclame un casse-dalle.

La déconfiture et la confiture ne se situent pas sur le même plan mais sont cependant assez proches. Etre englué dans le marasme, avoir la poisse, ne pas avoir de pot ou essuyer un échec vous mène à la déconfiture. On peut dire alors que vous êtes dans la panade, ce qui ressemble beaucoup à ce mélange cuit de cinq kilos de fruits (ou légumes) par jour. En mai 1940, nous n'avons pas bâclé la débâcle. Mais que pouvions nous faire contre cette débauche de b... de soldats allemands qui déboulaient comme des boulets, contre les patrouilleurs pas rouillés qui nous ont dérouillés ? On a eu beau invoquer les mânes de Déroulède ça n'a pas marché comme sur des. Il faut dire que depuis le traité de Versailles on était bien brouillés et qu'eux se sont mieux débrouillés que nous.

Mais à la Libération, que de délibérations pour, délivrés, trier le bon grain de l'ivraie ! Passons là-dessus si vous le voulez bien.

Comme rien ne s'oppose à la nuit les amateurs de camping chercheront cet été la détente sous la tente. Après le déjeuner Germaine débarrassera la table que Vegas, qui ne s'embarrasse pas de scrupules ne barrasse jamais vu que ce verbe n'existe pas.

Puis ils iront se dégourdir les jambes tandis que les dingues ourdissent des complots.

J'aime bien aussi cette phrase à propos des vacances :

"Les Québécois gobillent des moules-frites chez le dépanneur puis après ils s'étonnent de vomir des trucs pas nets."

Si vous faites connaissance de la licatesse, si vous avez l'adresse de la liquescence, faites-moi signe ! Ca me permettra de commettre des délits dans un lit ou de faire des dégâts dans celui de Lady Gaga.

Je ne saurais terminer cette promenade littéraire dans mon vocabulaire sans évoquer les rapports du préfixe dé- avec le préfixe con-.

Malgré les diktats de Twitter qui dénombre et décompte le nombre de lettres de vos mots, il est de plus en plus difficile de prendre une décision avec concision.

DDS 616 Vénus de Milo

Pourtant il est urgent, mes chers administrés, d'installer un contournement du collège de jeunes filles filles de Combourg si on veut éviter les débours liés au détournement de mineures. A moins de considérer que la prison est un contenant pour détenus, de juger que le confinement nous a dégrossis même si nous avons pris 2 kilos sept en moyenne.

Allons, il est temps que j'arrive à la conclusion pour que je déglutisse et cesse de déblatérer - oui c'est con le chameau blatère, mais pas moi !

Laissons Mozart écrire des stances à Constance ! Peu importe si Proust débraie dans les rue de Combray, si nos congénères dégénèrent vénères, si, suite aux pressions, le ministre qui a touché des commissions est poussé à la démission après ces compromissions et entame une dépression, peu nous chaut qu'il y ait eu défection dans la confection de masques!

Il est juste temps de retourner au Louvre pour revoir la Vénus de Milo et ses hanches faites au tour car ses jolis contours méritent le détour. Et la Joconde n'est pas gueulasse non plus !

Telle et ma position. Je vous remercie, monsieur le commissaire, d'avoir enregistré ma déposition, vous êtes de bonne composition mais je vois à la décomposition de votre visage que vous allez sortir fort déconfit de ce Défi du samedi. Eh bien ma fois tant pis, je n'en éprouve, pour ma part, aucun dépit.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 616 à partir de cette consigne : confiture

Posté par Joe Krapov à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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