C'est une idée de lecture assez intéressante en période de confinement : un récit de voyage. Non pas celui, autour de sa chambre, de Xavier De Maistre dont je ne connaissais - et ne connaîtrai jamais - que le titre mais celui de Sylvain Tesson, "Sur les chemins noirs". Il le mène, après une chute de huit mètres depuis un toit et suivie d'un long séjour de rééducation à l'hosto, pedibus gambis, par les sentiers les plus écartés de toute civilisation, du col de Tende, près de Nice, au cap de La Hague dans le Cotentin ou plutôt dans la Manche, à une époque où l'on n'était pas encore obligé d'éternuer dedans.

C'est très agréable, bien écrit avec des mots choisis qui font "littérature" mais sans tomber dans les longueurs proustiennes et, surtout, c'est truffé d'aphorismes aussi réjouissants que justes et grinçants. Un peu comme si Rimbaud avait eu de l'humour ou comme si un Goncourable avait pris le parti de cracher dans la soupe du consensuel mou.

Extraits choisis, collés au hasard sous des images du Cap de Flamanville, pas loin de son objectif à lui, où nous avons randonné de façon bien plus confortable en 2016 nous ne sommes pas des aventuriers et ce monde-ci me plaît bien.

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