27 novembre 2019

ENCORE EUX ?! (1)

04 Rimbaud en 1862 à l'insrtitut Rossat

La vivacité d’esprit, c’est ce qui fait le bon élève. Il sait, de manière inconsciente, le jeu de la tour de Babel et pour peu qu’il naisse à l’époque où l’on enseigne le latin, le grec et les langues étrangères, il fait passer d’un bord à l’autre des vocables du dictionnaire, il traduit tout. Il y aura donc version et thème, rédaction, assouplissement, remise de prix d’excellence et puis, puberté obligeant, rébellion envers le parcours tout tracé par la société.

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans et moins encore quand on n’a même pas cet âge. On accorde confiance aux proverbes : on croit que la fortune sourit aux audacieux. Arthur brûle le dur et se retrouve en taule plutôt qu’au mont Parnasse. Vous imaginez ce monde-là, kafkaïen avant l’heure, où chaque dévoiement, fût-il si innocent, mérite la prison ? Où tout soulèvement, comme celui de la Commune de Paris, appelle du pouvoir le massacre ou l’exil dans des bagnes lointains ?

Tout pour lui finira, de façon plus badine, dans les mains des sœurs Guinche. Elles chercheront des poux dans la tignasse du beatnik, lui fourniront tout le papier qu’il va noircir avec ses textes incendiaires. A Douai a atterri un élève doué dont il nous reste les cahiers qui ont failli être brûlés.

Mais la fugue est restée en travers du gosier de la mère. Vitalie le réclame, son fiston. Et quand le professeur-rimailleur-sauveteur ramène à Charleville l’adolescent fugueur il pleut. Il pleut des baffes sur Arthur et des noms d’oiseaux sur Georges Izambard. Dans la religion, c’est comme dans la chasse, on fait boire le calice jusqu’hallali. Izambard s’enfuit, piteux, déconvenu et en convient : la bigote n’aime pas Hugo(te) !

Verlaine et rimbaud à londres par regamey_220x256Après… Après on y verra, dans cette histoire, toutes sortes d’abominations. Je ne reconnais là qu’une forme d’adultère et encore, sans avoir aucune preuve de la consommation. On a tant bu, tant bu chez les Vilains bonshommes qu’on se retrouve soûl à monter à quatre pattes l’escalier de la chambre chez Verlaine, enfin chez de Fleurville, où la très jeune épouse, Mathilde, enceinte, dort.

Bientôt, de chambre en chambre, l’insupportable ado, le punk à chien sans chien sème les graines du scandale. Un jour deux hommes partent vers d’autres aventures, l’un laissant derrière lui femme et enfant à naître. C’est à Bruxelles puis à Londres qu’ils vont taquiner la bouteille, la Gueuze, la gueuse, le coup dans l’ale, d’autres drogues, haschisch, opium, prostituées, bibliothèque, jusqu’à ce qu’un jour de juillet 1873 un coup de revolver tranche le nœud gordien de cette cohabitation insensée, mette fin à la domination de celui qui préfère l’impair par celui qui préfère traiter de rinçures ce qui restera à jamais comme le plus bel héritage de la poésie française du XIXe siècle. Rimbaud entreprit ensuite, sans revenir jamais ni sur ces illuminations ni sur cette saison en enfer de devenir un simple, un misérable, un abracadabrantesque vagabond.


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 26 novembre 2019

d'après la consigne-ci-dessous.


N.B. La première photo représente la classe d'Arthur Rimbaud à l'Institution Rossat en 1862. Il est le troisième élève assis au premier rang en partant de la gauche.

Le dessin qui représente Verlaine et Rimbaud à Londres vers 1873 est de Félix Régamey.


ENCORE EUX ?! (2)

Je me suis encore livré, en ce début de semaine studieux, à une recherche iconographique en vue d'illustrer la partie biographique de la conférence "Rions un peu avec Rimbaud". J'ai fait quelques jolies trouvailles que je vous livre ici sans trop de commentaires. Je n'ai en effet aucune certitude sur les informations délivrées sur Internet et pas le temps d'aller vérifier je ne sais où. On comprendra pourquoi avec la photo "des deux cow-boys de Bruxelles". On sait ce que l'iconographie rimbaldienne peut provoquer comme guerres et dégâts collatéraux ! ;-)

01 Frédéric Rimbaud le père (sur geneanet) grand format

Dans la famille Rimbaud, je voudrais le père, Frédéric.
Trouvé sur gw.geneanet.org

02C Vitalie_Rimbaud_ca_1890


La mère, Vitalie Cuif, vers 1890. Retrouvée en sépia puis reconstituée en grand format
d'après une capture d'écran de chez M. Sotheby's.

03 Frères_Rimbaud_communiants_Vassogne

Frédéric (le frère) et Arthur en communiants ?
Oui, car on trouve ceci chez Madame Wikipe :
"Frédéric et Arthur Rimbaud en communiants.
1866. Photographie chez Vassogne, Charleville, papier albuminé 21,5 x 14,5 cm.
Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de France (Rés Ne 81F).

mathilde mauté_par alphonse liebert

Mathilde Mauté de Fleurville (la jeune épouse de Paul Verlaine)
photographiée par Alphonse Liebert vers 1870.
H 105  x  L 65 mm. Collection privée.

Document trouvé sur le site de la Fondation Mons 2025.
Rappelons que dans la ville de Mons en Belgique Paul Verlaine a purgé deux ans de prison
pour avoir joué au cow-boy armé dans un hôtel de Bruxelles 
et, accessoirement, blessé au poignet le jeune Arthur R.
qui avait pourtant retiré sa plainte.

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ENCORE EUX ?! (3)

 

Rimbaud par Cazals chez Alain Bardel



Rimbaud par Cazals (avec l'ombre de Verlaine !)
récupéré chez Alain Bardel


Rimbaud silence

Image contemporaine récupérée sur Pinterest.

roche_10

roche_ferme_cuif_639px

Deux vues de la feme de Roche, la propriété de Vitalie,
récupérées chez Alain Bardel .

Verlaine Carjat_crop_crop

Le portrait de Verlaine en 1871 par Etienne Carjat
récupéré chez Rimbaudpassion.canalblog.com

Verlaine et Rimbaud 1873 Bruxelles

"Les cow-boys de Bruxelles ,1873 !" est un photomontage apparu en 2016 sur la toile et à propos duquel les Rimbaldolâtres se sont interrogés : "C'est-y eux ou c'est-y pas eux ? ". Les visages sont en fait ceux des portraits faits isolément par Carjat.
Je suis bien content de ne pas être le seul retoucheur stalinien de la blogosphère !
On peut lire ici, sur le site Rimbaudpassion.canalblog.com  plein de choses sur ce double portrait mystificateur.

Rimbaud par Forain lefrere_correspondance++

 Et enfin, tout frais trouvé de ce matin chez Alain Bardel , un portrait de Rimbaud par Forain, validé par Jean-Jacques Lefrère et dont l'authenticité est contestée par Jacques Bienvenu. La guéguerre des images continue !

Rimbaud par Forain

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 1920-10 DU MARDI 26 NOVEMBRE 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Le jeu des huit mots

(à partir d'un mot acrostiche ou pas)



Cette consigne est empruntée au livre de Pierre Frenkel "90 jeux d'écriture : faire écrire un groupe" où il figure sous l'intitulé "jeu des cinq lettres". L'animateur l'a adapté au nombre de personnes présentes à l'atelier à cette séance.

Chaque personne écrit son prénom en haut de la feuille puis, verticalement, sur le bord gauche de la feuille, huit lettres qui peuvent former un mot comme on fait pour un acrostiche (ou pas).

Les feuilles tournent vers le voisin ou la voisine de droite qui utilise une des lettres comme initiale d'un mot ou groupe de mots qu'il écrit sur la feuille. On fait tourner huit fois. Lorsque la feuille revient à son point de départ on se retrouve avec huit ou neuf mots que l'on utilise comme on veut pour écrire un texte (insertion dans l'ordre ou pas dans le texte, écriture de plusieurs petitis textes à partir de chaque mot, mise en valeur du mot acrostiche, etc.).

Voici les neuf logorallyes distincts sur lesquels nous avons planché chacun.e dans notre coin :


CHAPELET : cucul la praline, Hilare, adultère, Père Noël,épilation, lapin, excommunication, tartiflette

ALBATROS : angélique, licorne, bonbon, adultère, tapas, rosière, oriflamme, sombrero

ADULTERE : adoration, détournement de mineure, urticaire, laitue, tendresse, entendu, rustine, escargot

NATIVITE :    numérotage, amitié, tartiflette, inimaginable, valse, interdit, tartine, édénique

                       Edition, Bibliothèque, divorce, fastoche, aventure, macramé, versatile, attention

VICTORIA :    Vive, Isaure, croquignolesque, tartignole, olive, rasade, itinéraire bis, adultère

ACROBATE : adultère, chenapan, rendez-vous, origami, bretelle, aérien, téton, escarpolette

VAGABOND : vivacité, audacieux, gosier, adultère, bouteille, opium, nœud, domination

SUSCITER :   Secret, ululement, scarlatine, crocodile, idole, tétine, éveillé, racines
 

AEV 1920-10 adultere-et-consequences_1-1555259150

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26 novembre 2019

C'est déjà Noël ? Rennes le 23 novembre 2019 (1)

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C'est déjà Noël ? Jésus Marie Joseph, il arrive tôt, cette année !

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- Je ne donnerai pas de pièces si vous ne corrigez pas cet accent circonflexe !
- T'es grave, Joe Krapov !

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 C'est déjà Noël ? Mais il y a encore des feuilles sur les arbres !

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Un nouveau manège, place du Parlement ?
Il n'y aura pas de patinoire ici, cette année ?

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C'est déjà Noël ? Ben mon cochon !
C'est vite fait un tour de manège, ça passe aussi vite qu'une année !


C'est déjà Noël ? Rennes le 23 novembre 2019 (4)

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Il y a longtemps que je ne vous avais pas fait cadeau d'un quatre-quarts à ma façon !
Voilà qui est fait !

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24 novembre 2019

LAISSEZ PARLER LES FILLES !

Suis-je prêt à défendre tout et son contraire ? Possédé-je, moi aussi, des semelles de vent ? Des opinions de girouette ?

J'ai fait deux allusions, bien gentillettes et humoristiques au demeurant, à la déprogrammation de "J'accuse" de Polanski au T.N.B. de Rennes dimanche dernier. Or voici que ce dimanche, je les regretterais presque !

Ayant un peu traîné à table ce midi, je suis resté à l'écoute de l'émission "Signes des temps" sur France-Culture. Le sujet du jour en était : "Médias, espace public : la liberté d’expression est-elle menacée ?".

J'ai tout écouté avec un énervement croissant. Qu'est-ce que c'est que ces trois mecs agressifs envers ces deux nanas, une universitaire et une féministe ? Qui a raison dans cette histoire ? Tout le monde mais surtout elles. Visiblement, et c'est un sujet de débat dans le débat, il ne fait pas bon remettre en cause la façon dont les médias choisissent de donner du temps de parole à x plutôt qu'à y, à Polanski et Eva Becker plutôt qu'à leurs opposantes.

Vous pouvez juger sur pièces vous-mêmes. Personnellement je n'aurai qu'une phrase pour conclure ce court billet : "Allez, les filles !".

 

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"Thanks for the dance" de Leonard Cohen

- Ne raconte pas ta vie, Joe Krapov !

- Si ! Je travaille actuellement à faire de mes billets "Ecrire à Rimbaud ?" et autres publiés sur le Défi du samedi une conférence intitulée "Rions un peu avec Rimbaud". Elle sera présentée à Rennes à l'Espace Ouest-France...

- Rien que ça ?!

- ... le mardi 7 janvier à 14 heures ou 14 heures 30, je vous redirai, les Rennais.e.s. Ca fait que je passe encore plus de temps qu'avant devant mon ordi à récupérer les billets, couper ou réécrire certaines phrases, ajouter une biographie, coller les images dans des diaporamas, réfléchir à l'ordre de tout ça....

- Ce qui fait que...

- Ce qui fait que j'écoute de la musique en même temps.

- De la musique? Tu es sûr ?

- Oui, c'est vrai, je finis par en douter. Le "Thanks for the dance" de Leonard Cohen, sorti cette semaine sur Deezer et ailleurs, je ne pense pas qu'on puisse appeler vraiment ces textes des chansons. Comme je ne comprends pas vraiment la langue anglaise, comme je doute que la thématique soit du genre "Youpi !  Tralala !" que j'aime tant, je ne sauve donc de cette entreprise quasi-nécrophile que la chanson homonyme. Si vous avez besoin d'un support pour votre déprime du dimanche soir, vous avez le droit d'écouter le reste de l'album

 Sinon les deux émissions que lui a consacrées Michka Assayas sur France-Inter étaient très bien :

Le Monde caché de Leonard Cohen 1 (Very good trip) 

Le Monde caché de Leonard Cohen 2 (Very good trip)