190504 Nikon 195Voilà, je suis en route pour Sète.

Il faut croire que j’ai pris goût au périple touristique nécrophile. Après Charleville-Mézières en 2017, Sète en 2019. Après Rimbaud, Brassens. Mais qu’est-ce que j’ai à marcher sur les traces de ces anciens voyous ? Qu’est-ce que j’espère trouver à Sète ?

Une boîte à lettres au cimetière pour pouvoir écrire à Georges B. ?

Une plaque de médecin indiquant qu’on peut prendre rendez-vous avec le docteur Cléo Decinq à Sète ?

Un café qui s’appellerait « Les Copains d’abord » ? Mais on en a déjà un à Rennes tout comme on a un bistrot nommé « Le Bateau ivre ». Le Funky Munky s’appelait même « Le Rimbaud » lorsque j’ai débarqué dans cette ville d’alcooliques lettrés. Même leur club de foot rend hommage à Stendhal grâce au maillot bicolore de ses joueurs : on y trouve le rouge et le noir.

Ca se peut, ça, un sex-shop appelé « Le Pornographe » ?
Un marchand de chaussures à l’enseigne des « Sabots d’Hélène » ?
Une boucherie Cornes d’aurochs ?
Un EHPAD baptisé « Mon vieux Léon » ?
Le restaurant « Chez l’Auvergnat »
L’Institut de beauté Marquise ?
La crêperie Bécassine ?

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190504 Nikon 176Je n’ai rien préparé pour ce voyage. Je sais juste qu’il y a un cimetière marin à Sète mais nous les Bretons, on a déjà celui de Saint-Michel en grève qui est très beau. Une plage de la Corniche sur laquelle les dauphins ont pour amis d’enfance des gamins moustachus qui fument la pipe et se grattent le ventre en chantant des chansons.

Un étang de Thau, des canaux… et du coup il me revient que cette nouvelle exploration ne sera pas forcément Brassensophile. Peut-être ne ferai-je qu’ajouter un méchant paquet de photographie à mon « Apologie des villes d’eaux » ?

Alors ? Fi des amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics » !
Basta des lettres à Rimbaud !
Peut-être ne me faudra-t-il écrire, pour en garder trace, que sept sonnets à la gloire de Sète ?

Ou soixante-dix-sept ?

 

Pondu à  l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 30 avril 2019 
d'après cette consigne