22 octobre 2018

La Villette par Up d'uke # 7

La joyeuse bande des ukulélistes rennais s'est produite au café le Panama le 6 octobre dernier.

J'en étais ! Tout le monde planche ici sur "La Villette", une chanson de J.P. Charles et J.B. Lenoir immortalisée par Arletty.

Goûtez donc un peu l'atmosphèèère !



 1

C'est tout près d'Pantin
Chez les purotins
Parmi les catins
Et le pur gratin
Des pierreuses

Près des abattoirs
Où l'on voit le soir
Le long des trottoirs
Surgir des coins noirs
Les rôdeuses,

C'est là qu'j'ai vu l'jour
Et c'est pas du four
J'suis gosse de l'amour
Et je s'rai toujours
Une pauv' gueuse

Et c’est là que j'ai
Par un soir de mai
Donné c'que l'on sait
Ne jamais r'trouver
Dans l'quartier...

 Refrain

La Villette, La Villette
C'est l'coin des garnos
Y'a pas d'aristos

Des guinguettes Des musettes
Et des p'tits bistrots
Où l'on boit du gros

On n'y joue pas du violon
Tout comme dans les salons
Oui mais d'l'accordéon
C'est bien plus chouette

Et l'on y danse la java
Bien serrée dans les bras
D'un p'tit homme bien à soi
À la Villette!

 2

C'est aux Buttes Chaumont
Par un soir tout blond
Sur le petit pont
Qu'j'ai rencontré mon
Vrai p'tit homme

Dès le premier r'gard
J'ai senti sans char
Comme un coup d'poignard
Et mon cœur flanchard
À la gomme

Lui qu'a senti l'coup
Y s'est fait très doux
Et m'a dit dans l'cou
Qu'y r'sentait du goût
Pour ma pomme

J'ai pas pu r'fuser
Et l'on s'est marié
Sans maire ni curé
Et sans inviter
Tout l'quartier

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ENCORE UN P'TIT COUP D' CID' ?

Lakévio 126

- Ôte-moi d’un doute. Connais-tu bien don Diègue ?

- Non, Pas du tout.

- Parlons bas ; écoute. Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu, la vaillance et l’honneur de son temps ? Le sais-tu ?

- En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

- Cette ardeur que dans les yeux je porte, sais-tu que c’est son sang ? Le sais-tu ?

- Non, mais je...

- À quatre pas d’ici je te le fais savoir.

- Ecoute, je ne voulais pas...

- Parle sans t’émouvoir. Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années.

- Faudrait me laisser parler !

- Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître.

- Comment ça ?

Lakévio 126 Gerard Philipe

- Oui ; tout autre que moi au seul bruit de ton nom pourrait trembler d’effroi. Les palmes dont je vois ta tête si couverte semblent porter écrit le destin de ma perte. J’attaque en téméraire un bras toujours vainqueur, mais j’aurai trop de force, ayant assez de cœur.
À qui venge son père il n’est rien d’impossible.

- Mais pas du tout ! C'est toi qui...

- Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.

- Tu te fais des films !

- D’une indigne pitié ton audace est suivie : qui m’ose ôter l’honneur craint de m’ôter la vie !

- Bon je te laisse là.

- Marchons sans discourir.

- Oui, c'est ça !

- As-tu peur de mourir ?

- OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !


Ecrit pour le jeu n° 126 de Lakévio d'après cette consigne.

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PAN SUR TA TRUFFE !

Lakévio 126 vitrail

- L'amour qui nous attache aux beautés éternelles
N'étouffe pas en nous l'amour des temporelles ;
Nos sens facilement peuvent être charmés
Des ouvrages parfaits que le Ciel a formés.

- Non, Pas du tout.

- Ses attraits réfléchis brillent dans vos pareilles ;
Mais il étale en vous ses plus rares merveilles ;
Il a sur votre face épanché des beautés
Dont les yeux sont surpris, et les coeurs transportés,
Et je n'ai pu vous voir, parfaite créature,
Sans admirer en vous l'auteur de la nature,
Et d'une ardente amour sentir mon coeur atteint,
Au plus beau des portraits où lui-même il s'est peint.

- En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

- D'abord j'appréhendai que cette ardeur secrète
Ne fût du noir esprit une surprise adroite ;
Et même à fuir vos yeux mon coeur se résolut,
Vous croyant un obstacle à faire mon salut.

- Non, mais je...

- Mais enfin je connus, ô beauté toute aimable,
Que cette passion peut n'être point coupable,
Que je puis l'ajuster avecque la pudeur,
Et c'est ce qui m'y fait abandonner mon coeur.

- Ecoute, je ne voulais pas...

Lakévio 126 ob_dfd659_tartuffe-1

- Ce m'est, je le confesse, une audace bien grande
Que d'oser de ce coeur vous adresser l'offrande ;

- Faudrait me laisser parler !

- Mais j'attends en mes voeux tout de votre bonté,
Et rien des vains efforts de mon infirmité ;

- Comment ça ?

- En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude,
De vous dépend ma peine ou ma béatitude,
Et je vais être enfin, par votre seul arrêt,
Heureux si vous voulez, malheureux s'il vous plaît.

- Mais pas du tout ! C'est toi qui...

- Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme ;
Et lorsqu'on vient à voir vos célestes appas,
Un coeur se laisse prendre, et ne raisonne pas.

- Tu te fais des films !

- Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange ;
Mais, Madame, après tout, je ne suis pas un ange ;
Et si vous condamnez l'aveu que je vous fais,
Vous devez vous en prendre à vos charmants attraits.

- Bon je te laisse là.

- Dès que j'en vis briller la splendeur plus qu'humaine,
De mon intérieur vous fûtes souveraine ;

- Oui, c'est ça !

- De vos regards divins l'ineffable douceur
Força la résistance où s'obstinait mon coeur ;
Elle surmonta tout, jeûnes, prières, larmes,
Et tourna tous mes voeux du côté de vos charmes.
Mes yeux et mes soupirs vous l'ont dit mille fois,
Et pour mieux m'expliquer j'emploie ici la voix.

- OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !

Ecrit pour le jeu n° 126 de Lakévio d'après cette consigne.

Posté par Joe Krapov à 09:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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UN APPEL DE LONDRES

Lakévio 126 contour- Écoute ! Maman est près de toi ?

- Non, Pas du tout.

- Il faut lui dire : « Maman c'est quelqu'un pour toi ». Ecoute mon cœur qui pleure !

- En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

- Dis-lui je t'en prie, dis-lui : « C'est important et il attend ». Raconte-moi : comment est ta maison ? Apprends-tu bien chaque soir toutes tes leçons ?

- Non, mais je...

- Dis-lui que j'ai mal, si mal depuis six ans et c'est ton âge, mon enfant. Les noix sont sèches.

- Ecoute, je ne voulais pas...

- Le téléphone pleure quand elle ne vient pas, quand je lui crie « je t'aime » les mots se meurent dans l'écouteur. Les carottes sont cuites.

- Faudrait me laisser parler !

- Le téléphone pleure. Ne raccroche pas ! Je suis si près de toi avec la voix. Yvette aime les grosses carottes.

- Comment ça ?

- Le téléphone pleure pour la dernière fois car je serai demain au fond d'un train et les sanglots longs de l’automne blessent mon coeur d’une langueur monotone.

Lakévio 126 messages codés de Radio Londres

- Mais pas du tout ! C'est toi qui...

- Dis mais retiens la ! Allons insiste. Si elle est partie alors tant pis. Allô !

- Tu te fais des films !

- Oh dis-lui que j'ai mal, si mal depuis six ans et c'est ton âge, mon enfant. John has a very long moustache.

- Bon je te laisse là.

- Seras-tu aux prochaines vacances à l'hôtel Beau-Rivage ? Aimes-tu la plage ? Le canapé est au milieu du salon.

- Oui, c'est ça !

- Oh ! Dis-lui toute ma peine, combien toutes les deux, moi, je vous aime. Melpomène se parfume à l’héliotrope.

- OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !

Ecrit pour le jeu n° 126 de Lakévio d'après cette consigne.

Posté par Joe Krapov à 09:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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