01 Mariage (Jean-Piere Collet)

« Mariage : pendant des années, nous nous sommes aimés. Je veux dire, ce me semble puisque nous avons regardé ensemble dans la même direction. Celle de la télévision .» Cette référence à Antoine de Saint-Exupéry est signée Jean-Pierre Collet. Elle est extraite de « Chant du naïf ». C’est une carte postale éditée par Dossiers d’Aquitaine, 5, impasse Bardos à 33800 Bordeaux. Mes enfants la trouveront peut-être un jour, bon ou mauvais, dans mon grenier. Les jeunes gens ont toujours eu de drôles d’idées de farfouille ne serait-ce que pour dénicher du « vintage ». Moi-même qui le suis beaucoup resté aussi, jeune farfouilleur, j’ai bien eu l’œil attiré par un bloc-éphéméride Yvon de 1952 ! Qu’en ai-je fait ? Que feront-ils de cette carte ? Pourquoi l’ai-je gardée ? Elle ne s’applique pas à notre couple : nous n’avons jamais possédé de téléviseur !

Cocorico ! On change de carte !

 

03 Le Papy dans sa remise par Sven Nordqvist

D’ailleurs la carte suivante représente notre fils en train de pester contre cet héritage plutôt pourrave. Il a l’air d’un petit vieux mais c’est normal, docteur ! Je n’ai pas prévu de décéder avant d’avoir atteint l’âge de 117 ans, c’est pourquoi il a quelque chose comme 88 ans sur cette image dessinée par Sven Nordqvist. Je tiens à lui signaler par avance ici que « les pots de peinture, ce n’est pas moi ! ». C’est sa mère avec son souci de vivre toujours dans un endroit propre et nickel chrome. Si je l’avais écoutée, on aurait déménagé tous les cinq ans, juste pour le plaisir de remettre un logement à neuf ! D’ailleurs, c’est ce qu’on a fait au début ! Je considère même comme un miracle d’avoir réussi à stabiliser l’affaire à partir de 2002. La boîte à outils, c’est elle aussi. Moi je sais tout juste changer une ampoule. Comme Tarzan, qui doit appeler sa compagne quand son lampadaire s’éteint : « Allô, Jane ? » Passons. On voit aussi sur l’image tout le barda qu’on a récupéré dans la cave de ma belle-mère et dont on n’a jamais réussi à se débarrasser. Excepté l’éphéméride de 1952 quand même !

Cocorico ! On change de carte !

 

02 Le Rialto par Canaletto

Je plaide coupable, en revanche pour la série d’aquarelles de Venise ! Elles n’ont certes pas la finesse des tableaux de Canaletto, le toucher génial et impressionniste de Guardi mais j’ai toujours tout fait en amateur dans ma vie. Et ça aussi, la peinturlure j’ai arrêté avant 2002. Peut-être bien qu’elles ont souffert, ces peintures vénitiennes et que le papier se gondole ? Warf Warf ! Mais je me souviens que certaines personnes les aimaient bien. Bien sûr ça n’a rien à voir avec « du James Koons » mais il n’a jamais été question de vendre mes productions. Même si à une certaine époque j’ai été auto-éditeur à Sablé-sur-Sarthe, chez l’inénarrable François Fillon. Ça m’a suffi !

Cocorico !

 

04 Batz-sur-Mer

Pour ce qui est des photos, ça devrait aller ! Avec un peu de chance, j’aurai tout numérisé. Il faut dire que j’ai fait mon miel de tout ce que j’ai vu dans ma vie. Cela donne des petits tas de sel qui ne servent à rien, des brassages d’air à la Don Quichotte, une palanquée de siestes imaginatives sur les plages de Bretagne. Le temps passe et un jour vous avez cent ans et des brouettes ! Tournent les ailes du moulin de Guérande, comme chantait Gilles Servat ! Ca ne manque pas de sel de se croire immortel. Marais salant, ça l’est, marrant !

Cocorico ! dit le téléphone qui rythme ce logorallye !

 

 

05 Bretagne vieux gréements

 Veuillez agréer, mes chers enfants, avec ces désagréments que nous vous laissons (une maison à vider, pas de pognon à en tirer puisque tout est dévalué avec le temps) cette impression de vieux gréements en bout de course. Mais moi, vous le savez bien, je n’ai jamais eu l’intention de quitter le navire, de mettre les voiles ! J’ai mené ma barque comme j’ai pu, prudemment, en essayant de ne pas trop ramer et j’ai fait en sorte que ma coque ne s’abime pas sur les rochers.

Coque ? Cocorico !

 

07 Réseau star écologiqueJe n’ai jamais eu à répondre à cette question : « Que faire ? Vivre à Rennes ou partir ? » Ma star préférée c’est le réseau métro et bus de cette ville. Maintenant qu’on ne trouve plus dans les métropoles de voitures individuelles et que les transports en commun sont gratuits, avouez que c’est quand même bien pratique la ligne C du métro pour aller balancer tout notre grenier à la déchetterie de Villejean, non ? « Chez lui, dit la carte, rien ne se jette, tout se trie, se recycle, il est très attaché à la préservation de l’environnement ». Ca se recyle vraiment, soixante-dix ans de krapoveries ?

Cocorico ! Atchoum ! Ah la poussière qu’on remue !

 

06 les métiers de l'opéra le librettisteL’avant-dernière carte du paquet est un bon résumé. Il était une fois un mec qui avait des lunettes et qui écrivait dans des cahiers à petits carreaux des choses comme : « Toutes les cinq minutes, le téléphone de Brigitte sonnait. Elle avait choisi comme sonnerie pour cet engin le cri de cet ineffable jeune coq gaulois qui chante clair et fier sur un tas de fumier, se pavane à l’Académie française, ne fréquente que les premiers de cordée et pérore sur les gares où, d’après lui ceux qui ont réussi croisent ceux qui ne sont rien.

Cocorico final !

 

08 Ateliers de Rennes« Le rapport du Club de Rome « Halte à la croissance » (1972) pointait déjà les conséquences négatives du développement sans limite. Décroissance : utopie d’aujourd’hui ou contrainte de demain ??? » François Deck et Francis Voisin [[[[[

Le projet du Générateur de problèmes[[[[[ est de révéler des écritures prenant en compte le travail, thème des Ateliers de Rennes, Biennale d’art contemporain.

Bon ben voilà, c’est fait ! J’ai assez travaillé pour aujourd’hui ! Je suis mort ! Qui qui dit mieux ? Demain sera un autre jour ! Va te coucher, le coq !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 mars 2018
d'après la consigne ci-dessous