Adam et Eve

1718 Effel-Jean-La-Vie-Amoureuse-D-adam-Et-Eve

Bon, ce mec, on l’a posé dans un grand jardin genre le parc du Thabor à Rennes où il y a plein d’arbres fruitiers, de fontaines pures, de soleil et de ciel bleu par-dessus tous les jours, bref, ça pourrait être le Paradis sur Terre.

Mais seulement, au bout d’un moment il est comme le gardien de phare de la chanson et il n’arrête pas de chanter «C’qui manque ici, c’est une négresse !».

Alors il va trouver le jardinier en chef et il lui expose son problème, ce à quoi le Créateur du monde répond : «D’accord, mais ça va te coûter bonbon : une côte.».

Et comme le mec est iatrophobe, plus douillet que David, plus près de ses pièces jaunes que Bernadette C. et qu’il n’a pas envie de passer sur le billard parce que ça rime avec « corbillard », il refuse le marché et retourne faire des sudokus dans son transat, ce qui pose bien des questions à l’arbre généalogique de celui qui vient d’écrire ces lignes.


Verlaine et Rimbaud

1718-14 verlaine_rimbaud-300x300

Bon, c’est un gars un peu bizarre, un jeune poète doué qui vient d’épouser une jeune fille comme il faut, jolie, tout juste sortie du pensionnat, il vient de la mettre enceinte donc il pense que tout lui sourit et qu’il va devenir le plus grand poète de sa génération.

Mais un jour Paul Verlaine reçoit une lettre des Ardennes et accepte de recevoir à Paris un jeune provincial qui écrit aussi et qui s’appelle Arthur Rimbaud.

Alors ils se rencontrent et on assiste médusés à un coup de foudre à sens unique, le gars Rimbaud imposant ses quatre volontés délétères au pauvre Lélian – c’est l’anagramme de Paul Verlaine – qui tourne et vire comme un bateau ivre ou comme un bébé vilbrequin et je m’excuse de cette allusion pas très fine à une chanson de France Gall qui vient de mettre tragiquement un terme à sa dépendance aux sucettes à l’anis.

Et comme de bien entendu ça finit très mal parce que Verlaine, un mauvais jour où il s’est soûlé toute la nuit et se retrouve matin blanc comme un cierge de Pâques, raide comme une saillie dans une chambre d’hôtel à Bruxelles avec son mauvais génie, sort son révolver, descend Rimbaud et se fait enfermer pour ce crime dans les prisons de Mons d’où, contrairement à celles de Nantes, on ne peut jamais s’échapper.


Robinson et Vendredi

1718-14 robinson

Bon, c’est un type qui s’appelle Robinson Crusoé et il a entrepris de voyager sur un bateau un peu ivre qui s’appelle « Le Titanic » et est piloté par le capitaine Rimbaud, Léonardo de son petit nom.

Mais un jour qu’il secoue un peu trop fort les glaçons de son Martini on the rocks sur le pont de première classe voici que le bateau subit une avarie de première bourre et on assiste alors à un affreux naufrage dont il est le seul rescapé à s’échouer sur ce qu’il croit être une île déserte.

Alors le gars fait le tour de l’île, il se construit une cahute, s’aperçoit qu’il n’est pas plus mal là que devant son poste de télé bloqué sur TF1, enfin la première chaîne vu que l’histoire se passe au temps de l’ORTF.

Et le jour où il entend un type un peu noir qui chante « C’qui manque ici c’est une négresse » il a cette parole mémorable qui va nous obliger à reconsidérer de fond en comble la légende d’Adam et Eve : « Le vendredi ,c’est raviolis ».


Sodome et Gomorre

1718-14 220px-Henry_Morton_Stanley,_1872

Bon, c’est un médecin-explorateur qui s’appelle David Gomorre et qui part à la recherche des sources du Nil, du côté de l’Afrique équatoriale.

Mais le gars a été scout dans sa jeunesse et du coup il n’a pas trop le sens de l’orientation et il se paume dans la brousse.

Alors, comme ni Facebook ni Google Maps n’ont été inventés à l’époque où ça se passe, on envoie pour le retrouver une autre expédition dirigée par le Professeur Henry Sodome (ne cherchez pas, il n’y a pas plus de jeu de mot ici que six lignes au-dessus !).

Et quand le professeur Sodome retrouve le docteur Gomorre il lui pose la question « Doctor Gomorre, i presume ? » et l’autre lui répond : « Vous tombez bien, mon vieux car avec Adam et Robinson on avait besoin d’un quatrième pour enfin pouvoir faire une petite belote ! ».


Saint-Georges et le dragon

171230 265 007B

Bon, c’est un dragon qui vient d’envahir un pays prospère où il peut boulotter les brebis des paysans du coin.

Mais comme on est encore à peu près au Moyen-Age les serfs demandent à leur seigneur qui leur doit protection d’intervenir mais malheureusement pour eux celui-ci ne peut rien faire vu qu’il est entouré de chevaliers pleutres et incapables.

Alors la fille du roi lance une pétition sur les réseaux sociaux de l’époque, crée le hashtag #balancetonmachonul sur Twitter et surtout paye en ligne via Paypal sur le site Bobdenard.com la location d’un mercenaire ad hoc pour soûler au whisky le monstre du Loch Ness qui a débarqué chez eux.

Et c’est ainsi que Saint-Georges Rémi invente le chevalier de Hadoque dont cette aventure inédite me permet ce jour de pondre l’épisode 40, en style expéditif, de «99 dragons : exercices de style».


Ulysse et Pénélope

1718-14 homere

Bon, c’est un petit gars nommé Ulysse qui veut montrer qu’il en a autant qu’Hemingway et qui s’en va faire la guerre contre les Hollandais ou contre n’importe qui, juste pour montrer qu’il n’est pas un simple collaborateur mais qu’il veut et peut devenir calife à la place du calife.

Mais ça, ce sont des plans qui n’arrivent jamais aussi simplement qu’on le croit et surtout pas dans les bandes dessinées de Goscinny et Tabary.

Alors quand on découvre qu’il a pioché dans le trésor de guerre de quoi acheter des croquettes à son chien Argos et du matériel de chez Ecolaine pour que son épouse Pénélope puisse faire tapisserie en brodant une jolie tapisserie il est dégradé et la flotte grecque embarque sans lui en direction de l’ennemi avec escales dans les îles de Syrisa, Varouflakis et Tsipras où Adam, Robinson, Sodome et Gomorre entament leur 245 681e partie de belote.

Et cette version des fait qui correspond pourtant à la réalité historique le romancier Homère ne nous l’a pas racontée comme ça dans son livre « Odyssée loin, l’Elysée ? » ce qui prouve bien qu’on peut lui décrire un éléphant de cinquante façons, un aveugle ne verra jamais la même chose que nous !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 janvier 2018
d'après la consigne ci-dessous