Ô Temps, suspends ton vol 
Et cesse tes larcins !

Rends sa jambe à Rimbaud,
Son épouse à Verlaine,
Son ouïe à Smetana,
Elise à Beethoven
Et ses lettres au facteur à cheval !

Ô Temps, suspends ton vol !

Il est aussi gracieux que celui du nandou :
Comme un avion sans ailes,
Au ras des pâquerettes,
L’oiseau ne vole pas
Mais court en zigzaguant
Dans l’herbe des pampas.

IL 170918 nandou

Ô Temps, suspends ton vol
Et prends un peu du champ !

Fais de ce Marcel-là un champion des échecs !

IL 170918 Duchamp échecs

Détourne-le de mettre à nu
La mariée qu’il trouve trop belle
Par des célibaterrifiants
Et son urinoir au musée !

Trop de thuriféraires de l’art contemporain,
Trop d’hystériques du concept
L’ont suivi et polluent, tristes, nos paysages.

Ô Temps, suspends ton vol 
Pose-toi au tarmac !

Dessine des moutons aux princes de papier !

Laisse l’avenir en biplan !

Restitue ce que nous avions
Et aimions.

Laisse-nous vivre entre parents
Le reste de nos empennâges !

Fais-nous renaître Pompéi
Et recolle des bras aux Vénus de Milo !

Rends-nous Pierre Desproges et Coluche,
John Lennon et Léon Zitrone !

O Tôle, suspends ton vent
Et emmène Lamartine à la plage !

IL 170918 Lamartine réduit

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 18 septembre 2017 d'après cette consigne