29 juillet 2017

ECRIRE A RIMBAUD ? 1, Tulipes

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Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

«En avant Fanfan la Tulipe
En avant, La Tulipe, en avant !»

Comment puis-je nommer autrement que «Poésie» ce dérèglement de tous mes sens qui va me faire écrire, partant d’une photo de tulipes, sur Gérard Philipe, les Choeurs de l’Armée rouge et le cimetière marin de Sète ?

«Alchimie du verbe » ? Le Défi du samedi, depuis de nombreuses années déjà, nous incite à mélanger les nôtres avec des adjectifs et des noms propres (ou pas), ce sous la houlette d’un chimiste en chef promu depuis peu expert en «éprouvettes» (ou alors c’est moi qui fatigue !).

DDS 465 affiche Fanfan la tulipe

«Yoyotage de la touffe» ou «Alzheimer précoce» ? Peut-être ! Ces résurgences de  «pop culture» qui me taraudent et qui m’occupent te feront, sans doute aucun, une belle jambe à toi qui dors sans l’une et même sans étoiles sous la terre de Charleville.

C’est donc bien l’interprète du «Fanfan la Tulipe» de Christian-Jacque, le sieur Gérard Philipe, que cette photo de tulipes m’évoque en passant par le biais de la chansonnette introductive d’Emile Debraux, pondue en 1819.

J’ai dû voir ce film quand j’étais enfant et cela ne rajeunit personne. La télé était en noir et blanc, le film aussi et la vie en sépia ou, au mieux, en couleurs de Polaroïd. Pour les gens de ma famille ce Gérard Philipe était déjà une icône de la même manière que toi, mon Arthur sans saisons ni châteaux, tu en es une pour moi.

Il y avait à la maison le disque 33 tours du «Petit prince» sur lequel le plus admirable des acteurs prénommés Gérard prêtait sa voix à l’avia-narra-teur tombé en panne dans le désert et à qui Georges Poujouly demandait : «S’il vous plaît, dessine-moi un mouton ?».

DDS 465 Le Cid

Quelques années plus tard nous l’avons retrouvé en Cid campeador dans le Petit classique Larousse de la classe de 6e ou 5e et son portrait dans ce costume positionnait beaucoup plus haut dans nos esprits, par-dessus la guerre froide et les «Ôte-moi d’un doute », la grandeur de la littérature et du théâtre classiques.

On aurait sans doute pu nous donner encore à voir «Le Rouge et le noir» et «Le Diable au corps» mais entre-temps la musique yéyé, les duels Anquetil-Poulidor, la rivalité Stones-Beatles, Astérix et les héros de«Pilote mâtin quel journal» étaient arrivés et ça nous intéressait aussi. C’est ça, la pop culture : c’est ce qui te détourne de la littérature et de la réflexiture.

Chez nous Gérard Philipe était surtout «un camarade». Un des «copains» de mon grand-père à l’instar d’Aragon, Picasso et Jean Ferrat et de ceux qui ont suivi, comme tu le fis toi-même pendant la Commune de Paris, le rêve d’un Homme résolument moderne voire nouveau. Pour ma part je ne mets pas de majuscule à «homme» et j’ai toujours préféré l’antique !

J’ai bien repensé à cette époque-là l’autre jour en cherchant sur Internet les paroles forcément bretonnes et les accords heureusement simples du premier tube d’Alan Stivell, «Tri Martolod yaouank». C’est que je suis tombé alors sur cette vidéo-ci et je me suis trouvé très heureux de ce partage inattendu de langues, de musiques et de culture populaire entre ces Russes et ces Bretons-là, réunis pour le plus grand plaisir de mon seul et unique neurone. 

 

DDS 465 fanfan

De la même manière ce sont des camarades roumains qui m’ont permis de remettre la main sur cette bande dessinée-là, qui paraissait dans un journal de la même famille d’utopistes, où Gaty et Nortier avaient redonné à Fanfan la Tulipe les traits de Gérard Philipe.

Comme je pense tout à coup à Claude Rich qui vient de disparaître et que j’aimais bien aussi depuis «Je t’aime, je t’aime» d’Alain Resnais, et en me rappelant également une autre icône de ce temps-là, le cosmonaute Youri Gagarine, j’en viens à me demander comment il se fait que certaines personnes ont cette aura si particulière, cette humanité sans fanfaronnade, ce sourire charmant et ce pétillement dans le regard qui nous les rendent si proches de nous et, à jamais, aimables ?

Je suis retourné récemment dans le village où tous ces souvenirs d’enfance avaient, autrefois, statut de réalité ambiante. Comme je m’y adonnais à des travaux de peinture de porte et que dans la pièce à côté un reportage télévisé sur la ville de Sète était diffusé, je me suis interrompu pour aller admirer des images paisibles du cimetière marin de cette cité. Je me suis dit que j’irai un jour saluer l’oncle Georges qui chantait à l’époque de «Fanfan» et de «Lorenzaccio» ses gaudrioles uniques, poétiques et essentielles.

Si je passe un jour à Ramatuelle, j’irai saluer Gérard Philipe. Je déposerai peut-être une tulipe sur sa tombe ? Pas sûr. C’est que je ne suis pas très doué en matière de recueillement mélancolique. A ce propos d’ailleurs, mon cher Arthur, je suis désolé de n’avoir pas fleuri ta demeure dernière. Je ne suis pas du genre à jeter des fleurs aux gens qui sont toujours vivants en moi.

Mais le cœur y est !

DDS 465 gerard-philipe-le-cid-1305Bon vent à toi !

 

P.S. 1 : Réponse supposée d’Arthur :

- Et la tombe de Gina Lollobrigida, Joe Krapov, elle sent la mozzarella ?
- Désolé, Arthur, cette dame est toujours vivante !

P.S. 2 :

Dérèglement de tous les sens ? Dérèglement de tous les sens ? En consultant Wikipédia je découvre un autre lien surprenant entre Arthur Rimbaud et Gérard Philipe : tous les deux sont décédés à l’âge de 37 ans !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 465 d'après cette consigne (la photo de MAP ci-dessous)

DDS 465 MAP - Tulipes de Grand-Bigard avril 2011


23 juillet 2017

Un mariage au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) le 8 juillet 2017 (1)

Les journées pourries commencent toujours bien.

La valise est prête depuis la veille. On se réveille, on petit-déjeune et il n’y a plus qu’à finir de charger la voiture.

Démarrage à 9 h 33. Monsieur conduit.

Plein d’essence à la station habituelle. On prend la route de Paris via Laval et le Mans. Le temps est beau, il n’y a pas trop de circulation. Pas de musique à bord même si la radio fonctionne et si on a remis des cédés dans la boîte à gants où on ne met jamais de gants. Chez les Krapov, parfois, on aime le silence.

Changement de chauffeur sur le coup de 12 heures sur une aire de repos avant Chartres.

C’est Madame qui conduira pendant la traversée de Paris : pendant ce temps monsieur essaiera de planquer les deux valises de cochonnaille. Jambier !

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Un mariage au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) le 8 juillet 2017 (2)

Bouchon. Bouchon. Bouchon. Pour aller au Perreux-sur-Marne, là où a lieu la cérémonie du mariage religieux, on prend la direction de Lille-Metz-Nancy. On le suivait jadis, cet itinéraire, pour remonter dans le Nord. Qu’est-ce qu’il est devenu moche, ce paysage urbain ! Signalons à qui passerait par-là la petite particularité de l’embranchement après Maison-Alfort : ceux qui veulent aller à gauche vers Versailles doivent se mettre dans les files de droite, ceux qui veulent aller à droite doivent rester dans les deux files de gauche !

C’est après que l’enfer commence.

- Tu prends la sortie 6 direction Champigny-sur-Marne.

Sauf qu’après la sortie 5 on se retrouve non plus sur l’A4 mais sur la 186 et dans le tunnel de Nogent qu’on n’avait pas prévu au programme.

Heureusement on en voit le bout, du tunnel, et il y a une sortie Chelles-Le Perreux. Sauvés ! Mais à partir de là tout est faussé, plus aucun repère par rapport à ce que l’on a sorti de la toujours introuvable et improbable option « itinéraire » de Google maps.

Où elle est l’avenue du Général de Gaulle ? On est rue Ledru-Rollin. On passe devant la mairie. On retrouve le rond-point de Bry par lequel on devait arriver dans l’autre sens.

On tourne à droite. Où on est, là ? Pas moyen de s’arrêter dans ce bled à rues longilignes où toutes les places de parking sont occupées. On stoppe près d’un chantier de travaux. Je descends voir le nom de la petite rue : rue des Ormes.

Mais sur le smartphone de Marina B., au niveau du vécu et du Google maps, pas d’option itinéraire !

- A quoi ça sert alors ? Ca y est c’est décidé, pour le prochain mariage auquel on ira, je t’offre un GPS !

On continue plus loin et on tourne à droite. On arrête un passant qui conseille de faire demi-tour et de refaire tout le chemin en sens inverse. Mon topo remarche à nouveau et en passant devant la mairie je lis : « Eglise Saint-Jean-Baptiste ». Dieu soit loué ! A droite, vite !

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Un mariage au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) le 8 juillet 2017 (3)

Ils sont là, les cousins, encore dehors devant l’édifice religieux. Il est 14 heures 30. On a un quart d’heure de retard et le curé aussi. Roger, le fan absolu de Johnny Hallyday – si, si, ça existe ! – nous signale un parking plus loin à gauche. Sauf qu’on rate l’entrée. Retenez ça, tiens ! Un peu plus bas dans l’allée de Bellevue, il y a un gars qui quitte son stationnement. On prend sa place. On se change. Ben oui, vous avez raté le strip-tease des Krapov au Perreux! Je zappe les souliers vernis et garde les pieds nus dans mes sandalettes. Tant pis, il fait trop chaud et ce n’est pas moi qu’on va regarder, c’est le marié ! En revenant vers l’église je vois que le stationnement dans ce secteur est payant mais il n’y a pas de borne et on est samedi, le jour où c’est gratuit.

Tout le monde est entré, la messe est commencée. L’église est surchauffée. On avait 29° dans la voiture et ici ça doit le faire aussi. Tout le monde s’évente avec les paroles des cantiques, se lève, se rassoit, se donne la main, va communier, donne ses boutons de culotte pour la quête afin que Bourvil puisse vivre sans travailler. Quel drôle de paroissien, celui-là, alors ! Et quelle drôle de messe !

La sono est pourrie de chez Pourri, le curé noir parle trop fort dans son micro, Madame Eliane chante juste mais avec une apathie de grenouille de bénitier qui supprime tout le coté musical de la chose et sans rien d’enflammé ou d’enthousiasmant dans sa belle voix de ténor.

Le cousin Roger est sorti et je suis à deux doigts de faire comme lui.

Enfin, c’est fini. Devant l’église une belle DS 19 décapotable trône superbement. Je pose mon derrière contre sa portière pour photographier la haie d’honneur des rugbymen et les mariés qui vont bientôt apparaître sur le seuil. Mais la photographe officielle de la noce s’est déjà postée derrière et on me signale, vu qu’on n’est pas loin de Joinville-Le-pont » que « Jé gêne » !

Bon, elle est sympa la fille, en mode short et baroudeur, équipée comme pour un safari africain, et du coup je m’en vais la rejoindre derrière la Citroën. Je fais donc le tour et me retrouve coincé au milieu des copines à tablettes et des tantines à téléphone. C’est d’un ringard, désormais, ces appareils reflex 24x36 numériques !

Au moment crucial il y a bien le premier des rugbymen en bas à droite qui met son ballon dans le champ juste sur la figure du marié mais j’arrive quand même à lui coller un pain (naan, je déconne) et à engranger quelques clichés des tourtereaux.

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Un mariage au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) le 8 juillet 2017 (4)

Heureusement pour la suite que le cousin Cédric connaît la route pour aller au Best Hôtel de La Ferté-sous-Jouarre où aura lieu la fête ! C’est à 60 kilomètres de là. On remonte dans l’auto, on se réembouteille dans le bouchon – il était national, paraît-il, ce jour-là ! – on lui emboîte la roue et on sort enfin de ce merdier de banlieue parisienne dont je ne souhaite à personne d’avoir à le fréquenter au quotidien.

Il n’y a pas de drapeau noir qui flotte sur la marmite mais on remarque que quelqu’un a glissé un papier blanc sous notre essuie-glace.

A l’arrivée à l’hôtel on vérifiera que c’est bien un avis de contravention pour irrégularité de stationnement. Ah ben zut, ce n''était pas gratuit !

Le samedi après-midi, au Perreux-sur-Marne, les « aubergines » se consolent de devoir bosser en collant des « prunes » aux touristes de passage qui viennent assister à ces très merveilleux mariages de juillet dont je vous raconterai la suite demain si vous êtes sages !

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En fait je n'ai pas écrit la suite. Je me suis contenté, tout au long de la soirée, de m'empiffrer, de picoler et de... photographier les photographes et les photographiés ! 

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22 juillet 2017

LE MYSTÈRE DE LA SPHINGE À BARBE

DDS 464 sphinge à barbe

Nous n’aurions pas dû être surpris. Les temps sont jupitériens, les foudres de guerre courent les rues et nous avions planté notre tente au pied du mont Olympe.

Pas étonnant dès lors que nous fussions arrêtés chaque jour, au bout de la passerelle qui mène à la ville, près du vieux moulin à eau, par cette créature mythologique bigrement questionnante. Par référence à l’histoire complexe d’Œdipe et du fait que ce bestiau nous posait chaque jour une énigme différente autant que stupide, nous l’avions baptisé « sphynge à barbe ».

Comme aurait dit Totor Hugo :
« C’était un haut-relief de l’armée en déroute,
Corps de chien, tête d’homme, allure de douanier
Il piochait sa question dans un petit panier
Et au retour, cruel, il nous barrait la route
Pour obtenir réponse à ses absurdités.

Si l’on répondait faux, avec des crudités
Et d’autres condiments, la bête promettait
- Tous les voleurs de feu font ainsi des serments -
De nous avaler goulûment ».

 

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1er jour, 1ère question :

- Comment appelle-ton les habitants de Charleville-Mézières ?

Ça, je m’en souvenais pour avoir déliré récemment sur ces noms improbables que l’on nous fait porter du fait de la naissance ou de la domiciliation :

- Les Carolomacériens !

- C’est bon, passez ! a dit la bête.

 

170713 265 0412e jour, 2e question :

- Pourquoi n’y a-t-il que dix bateaux dans le port de plaisance de Charleville-Mézières ?

Pas de bol, ma barbue ! En vacances je lis le quotidien local. Ici il s’appelle « L’Ardennais », il est bien documenté et remonté contre les absurderies de la mairie.

- Pour entrer dans le port les bateaux doivent passer sous une passerelle piétonne. La hauteur maximale des bateaux étant limitée à trois mètres la plupart d’entre eux doivent faire demi-tour et stationner ailleurs que dans le bassin prévu à cet effet.


170712 265 0363e jour, 3e question :

- Quel est le plus célèbre des natifs de Charleville-Mézières ?

- Trop fastoche ! Tu déconnes ou quoi, Madame Sphinge ? Pourquoi crois-tu qu’on soit venus ici ? Pour sea, sex and sun ? Pour le duc de Gonzague ? Pour Boris Ravignon ? C’est bien sûr Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. Son musée est très beau, sa maison des ailleurs très sobre mais alors, le pauvre gars, s’il voyait ce que les marchands du temple ont fait de son effigie ! Entre la Rimbaud’tech, incubateur d’entreprises innovantes, Hair com Rimbaud, coupeur de cheveux et la cuvée d’Arthur, bière et limonade, y’a comme dirait Souchon de la récup’ dans l’air !


4e jour, 4e question :

- Pourquoi Rimbaud est-il parti en abandonnant tout ?


- Parce qu’il est comme nous : il aime bien Charleville mais… z’hier ! Parce qu’à force d’entendre tous les quarts d’heure le carillon de la mairie entonner le « Chant du départ » de Méhul ben ça ne donne pas d’envie de rester, Ursule ! Parce que les fêtes nocturnes des kékés locaux avec musique à fond et claquements de portières jusqu’à cinq heures du matin juste à côté du camping, ça ne donne pas très envie de revenir, Olympe !

 

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5e jour, 5e question :

- A quelle heure sera tiré le feu d’artifice local ?

- A 22 h 40 selon l’Ardennais ; à 23 heures selon le bulletin municipal ; à 10 h 20 selon la police qui divise tout par deux dès qu’il s’agit de compter. C’est l’Ardennais qui a dit vrai mais, en raison de ce je viens de dire au sujet des noctambules carolomacériens, après les Illuminations suit une Saison en enfer !

Je vous fais grâce des autres question de la femme à barbe. Ou pas, tiens !

- Oui c’est bien au Belgium coffee snack qu’on déguste la meilleure carbonade de France et de Navarre.

- Oui, c’est bien un labyrinthe qu’on trouve entre Gernelle et Rumel mais vous vous attendiez à quoi en longeant le ruisseau « L’Infernal » ? A un sentier de randonnée balisé en bonne et due forme ? Ils ne sont pas fous, ces Ardennais ! Ils ne vont quand même pas bosser pour attirer chez eux des touristes autres que les Néerlandais de passage !


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- Oui c’est bien le sanglier qui est l’emblème de la région, enfin, du département !

- Oui, il est bien fait mention d’une partie d’échecs dans la légende des quatre fils Aymon racontée à l’horloge du grand marionnettiste. Mais nous n’y sommes pour rien si elle est restée coincée au tableau douze le samedi soir !


- Oui, il y a bien un comité anti-éoliennes au pays de l’homme aux semelles de vent !

Au bout de la semaine d’interrogation des Krapov, la bête est restée sur sa faim. Nous on avait comblé la nôtre avec bonheur : croisière sur la Meuse, ascension de la crête au-dessus de la boucle de la Meuse à Monthermé, tour du lac des Vieilles forges, dégustation de bières locales, visite du très beau Musée des Ardennes…

Si elle avait voulu, la mystérieuse sphinge à barbe, elle aurait pu nous dévorer dès le premier jour. Il lui suffisait de demander : « Qui suis-je ? ».

A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas trouvé, entre gorgone, méduse, phœnix et hydre de Lerne où je pourrais classer cet animal hybride. Sphinx égyptien, peut-être ?

Au secours, Miss Map ! De ne pas savoir me ronge ! Je suis comme ça !

Ô saisons, ô chateaux !
Quelle âme est sans défauts ?

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Ecrit pour le Défi du samedi n° 464 à partir de cette consigne (la 1ère photo)

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08 juillet 2017

LA CLEPSYDRE ET LE PHONIATRE : GENRE DE S+7 A MA SAUCE

DDS 462 clepsydreLa Clepsydre, ayant chuinté
Tout l'étiage
Se trouva fort dépitée
Quand la bonde fut venteuse :

Pas un seul petit morceau
De mouillage ou de verseau.

Elle alla crier fatigue
Chez la phoniatre sa dealeuse,
La priant de lui prêter
Quelques gouttes pour susurrer
Jusqu'à la scansion nuptiale.

- Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'aube, foi d'appareil,
Interphone et proverbial.

La phoniatre n'est pas princière ;
C'est là sa morne dégaine.

- Que feuliez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à l’émulsionneuse.

- Nuit et jour, à tout vibrant,
Je chuintais, ne vous déplaise.

- Vous chuintiez ? J'en suis fort aise !
Et bien ! Dentalisez maintenant !

Plaque_perec (christophe Verdon)
Cette plaque est une oeuvre de Christophe Verdon

Ecrit pour le Défi du samedi n° 462 d'après cette consigne : Clepsydre

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05 juillet 2017

DRAME DE LA RESQUILLE AU CIRQUE BOUCLE

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La Pluie nous souriait. Elle venait de terminer son numéro de claquettes. Elle attendait les applaudissements mais rien ne venait. Incroyablement, personne ne songeait à frapper dans ses mains pour applaudir ce qu’elle avait accompli avec ses pieds. Du reste, il n’y avait plus un seul spectateur sur les gradins du cirque.

C’est qu’il y avait eu un pépin. Tout le monde était sorti en entendant le cri.

Afin de pouvoir assister gratuitement au numéro de danse de la Pluie, une spectatrice n’avait rien trouvé de mieux que d’escalader l’un des mâts du chapiteau. Mais elle avait glissé et s’était écrasée par terre.

Le Monsieur Loyal de la troupe, qui s’appelait Soleil et qui était aussi le directeur du petit cirque ambulant, revint dire à la Pluie de passer dans sa roulotte, qu’il lui donnait son compte et qu’elle pouvait chercher du travail ailleurs.

Alors voilà, c’était ainsi. On la chassait de nouveau ! Même si dehors on entendait un grand cri de joie collectif : la spectatrice venait de se remettre sur pied et, oublieuse de ce qui s’était passé, elle escaladait de nouveau, sans aucune peine, le mât qui la menait au sommet du chapiteau, se hissait sur la toile, reprenait le fil de son existence un temps arrêtée.

***

La Pluie nous souriait. Elle venait de terminer sa petite chansonnette. Elle attendait des applaudissements mais rien ne venait. Incroyablement, personne ne songeait à frapper dans ses mains pour applaudir ce qu’elle avait accompli dans cette cour d’école avec les pieds de son poème. Les enfants se demandaient si on ne se fichait pas un peu d’eux avec cette sornette à deux balles que la Pluie avait à nouveau reprise en boucle sans jamais vouloir s’arrêter, de peur qu’on ne la chasse à nouveau :

L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière
Tiens voilà la Pluie,
Gipsy tombe par terre

Mais le Soleil
A chassé la Pluie !

L’araignée Gipsy…

(Ad libitum, comme disent les musiciens)

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Ecrit pour les Impromptus littéraires du 3 juillet 2017 à partir de cette consigne :

La pluie nous souriait

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04 juillet 2017

LES NÉOLOGISMES DE L’ÉTÉ 2017 (1)

Orthofauniste : professeur de maintien pour animaux.

Contrairement au dresseur de cirque et au spermatozoïde qui jouent du fouet et crient «Couché !», l’orthofauniste use de pédagogie et de douceur dans sa classe pour que tout le monde se tienne debout et bien droit.

Ses meilleurs élèves sont la girafe, l’hippocampe et le manchot empereur.

Parmi ceux qui peuvent mieux faire, le serpent tient bon la rampe et le zébu bosse un maximum.

Mais sur le bulletin de notes de l’aï l’orthofauniste a écrit : « Elève trop paresseux. Se traîne dans le bas du classement. Redoublement prévisible même si pour l’instant en suspens ».

Girafe de Gotlib 2017 07 04

Pondu hors atelier d'écriture le 3 juillet 2017.

L'illustration est de Marcel Gotlib qu'on ne regrettera jamais assez.

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ON NE POURRA PAS DIRE QUE JE NE L'AI PAS PREVENUE !

Lakévio 65 Nadia Isakova 116160522

- Hé ! Ho ! Isadora Duncan !
- ???
- Arrête de faire l'andouille avec ton écharpe en la balançant au dehors par la fenêtre ouverte ! C'est dangereux ! Tu ne sais pas lire ? E pericoloso sporgersi ! Do not lean out of the window ! Nicht hinauslehnen ! Ne pas s'épancher au dehors !


Ecrit pour le jeu de Lakevio n° 65 à partir du tableau de Nadia Isakova

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