Ma très chère Lolotte, il me faut, je l’avoue
Battre ma vieille coulpe et tendre gauche joue.

Vous m’avez engueulé comme poisson pourri :
Je suis allé trop loin. Vous m’en voyez marri.

Oui j’ai bien employé le vocable « morue »
Afin de mettre un terme à une aigre querelle

Avec votre mother, cette infâme barbue
Que j’aurais pu traiter aussi de maquerelle !

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James Christiansen - Fish (1998)

 Mais, sans vouloir noyer le poisson dans l’étang,
C’est ell' qui a commencé en me traitant d’ « hareng »,

Au prétexte que j’ai, sur les bords d’la Baltique,
Suivi un dur régim’ de maqu’reau-biotique !

Fariboles ! Fadaises ! Mots d’affabulateurs !
Je ne relève pas ce que jazzent les conteurs !

Si je veux vivre heureux comme un poisson dans l’eau
Il faut que je maigrisse et donc, j’y vais mollo,

Moi, je ne râcle pas le fond des casseroles !
Je le surveill', vois-tu, mon taux d’cholestérol !

Mais s’il s’agit d’amour, Lolotte, ou de passion
Je boirais bien la mer avec tous ses poissons !

Je veux que notre amour grossisse avec le temps,
Que ce petit poisson un jour devienne grand

Amadoue ta maman ! Présent'-lui mes excuses :
C’était poisson d’avril ! Le premier on s’amuse,

On se fiche du sérieux comme de Colin-tampon !
Il n’y avait pas lieu que l’on haussât le thon !

Excepté en avril où tous sont polissons
Rien ne doit se finir comme queue de poisson !

Je regrette, Lolotte, cette exaspération :
Je suis un poissonnier, je n’suis pas un barbeau !

Reprenons sur l’étal, demain, notre passion !
Je te promets, Chérie : je mettrai le turbot ! 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 4 avril 2017 
d'après la consigne n° 331 de Pascal Perrat