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                                   M. l’Administrateur général de l’Orchestre Symphonique de Bretagne
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                                                     Rennes, le 21 décembre 2015

                      Cher Monsieur

Je n’ose pas penser à ce qu’aurait pu être cette lettre de protestation véhémente si je n’avais pas eu par-devers moi un certain sens de la mesure, un respect un peu trop total de la liberté d’autrui et un sens de l’humour parfois très prononcé. Vous pouvez dire merci à mon autodérision : cette coquine se réjouit toujours de mes mésaventures et les transforme en billets de blog cocasses qui font rire les quelques bonnes copines qui les lisent.

Mon épouse et moi avons donc assisté vendredi dernier au concert donné par l’Orchestre Symphonique de Bretagne en compagnie de M. Dan Ar Braz, guitariste un tantinet « passe-moi le Celte » mais on n’a rien contre, bien au contraire. Nous nous sommes régalés de cette prestation et je vous en remercie ici.

Mais on ne nous avait pas prévenus que « le code avait changé ». En matière d’écoute musicale nous voilà désormais revenus, grâce à vous et à votre
«innovation du jour», au dix-huitième siècle, à l’époque du Concert spirituel de ce brave Philidor (1.e4 e5 2. Cf3 d6 pour les échéphiles qui fréquentent La Défense). On n’arrête pas le progrès, c’est le progrès qui nous arrête !

"Le Concert spirituel formule l'idée selon laquelle quiconque peut assister à un spectacle musical dans le but de l'apprécier en tant que tel. Étonnamment, son règlement était peu strict, ce qui donnait lieu à des bavardages et à des allées et venues de la part des spectateurs. […]« On échange des propos badins, des impressions d'esthète, des compliments et des billets circulent. On s'interpelle, on se congratule ». […] Les "petits maîtres" qui prétendaient donner le ton à l'assemblée, exprimaient à haute voix leur opinion pendant l'exécution, criant "C'est superbe" ou "C'est détestable", et joignant leurs battements de mains au bruit de l'orchestre sans attendre la coda ; pour aider Legros à "italianiser" le Concert [spirituel], ils avaient adopté l'usage des mots bravo, bravissimo, et ils demandaient souvent le bis aux virtuoses » .

Ledent, David. L’institutionnalisation des concerts publics. Revue appareil, 2009, n° 3.
Disponible à l'adresse : http://revues.mshparisnord.org/appareil/pdf/809.pdf

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