07 mai 2015

LES MOTS QUI (SE) FACHENT (1)

LES MOTS QUI (SE) FACHENT


JE, TU, IL, ELLE et MOI, on en a marre de se taper tout le boulot tandis que d'autres mots bien planqués dans le dico bossent une fois tous les 36 du mois. Bathyscaphe, par exemple, ça fait combien de temps qu'il est plongé dans un profond sommeil ?
Et coelacanthe, ça l'emmerderait de refaire surface un peu au lieu de lire à la lueur du lanterneau du bathyscaphe les oeuvres des philosophes jumeaux, Emmanuel et Friedrich ? Car l'un ne va pas sans l'autre : coelacanthe et coelaNietzsche. 

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LES MOTS QUI (SE) FACHENT (2)

Mais ce n'est pas la peine de s'énerver. Il y en a qui sont tellement enfouis dans la malle au grenier de l'Académie qu'ils ne sortiront plus des siècles passés dans lesquels ils sont nés. Seuls les férus d'histoire ancienne et les auteurs de polars moyenâgeux vous reparleront encore du hennin qui a roulé à trois pas du cadavre de la victime, du hanap encore chaud qui fleure le poison italien, de Soeur Anne ensanglantée qui n'a pu monter jusqu'à la tour et se cramponne d'une main au mâchicoulis tandis que le soudard monte dans l'escalier en brandissant sa colichemarde ! Vieux fainéants, va !

 

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Posté par Joe Krapov à 20:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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LES MOTS QUI (SE) FACHENT (3)

Plus personne ne dit à Riquet le houppé, au foutraque foutriquet ou au pâle paltoquet de fermer leur clapet mais on aimerait bien le matin que le conducteur du bus numéro 11 éteigne sa radio pourrie, nous épargnant ainsi les calembredaines vulgaires et les coquecigrues de caniveau de l'animateur de Virgin radio. Sa chronique stupide s'appelle "vos blagues de ouf" et ça les fait tous hurler de rire, ces adulescents post-boutonneux, de commencer le jour par des plaisanteries grasses dans leur studio si parigot. Même moi qui apprécie toutes les formes d'humour j'ai du mal à trouver là matière à rire.

 

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LES MOTS QUI (SE) FACHENT (4)

Allons ! Balayons nos aigreurs, contemplons le flacon encore à moitié plein, réveillons cette feignasse de sous-ventrière qu'on a failli se faire péter à la Taverne de Coutances, réjouissons nous de trouver refuge sur cette île flottante et cessons de raconter des salades normandes : réchauffement climatique, réchauffement climatique... A voir ce qui tombe de pluie et de tranquillité dans le Cotentin avant qu'on ne jazze sous les pommiers ne ferions-nous pas mieux de penser que la vie est toujours bien épastrouillante ?

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 Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 5 mai 2015 
d'après un incipit de Pascal Perrat (merci à lui !)
(exercice inédit d'écriture créative n° 240)

Les photos ont été prises à Coutances et à Gratot (Manche) le 30 avril et le 1er mai 2015