01 mars 2015

Une soirée contes à Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2015 (1)

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J'aime beaucoup cette photo et l'idée de Clarisse de faire des oreilles d'âne sur une photographie prise de dos !

Nous étions samedi soir, après ma prestation avec les B Car (et avec Lucien Rose)  à Lucien Rose, à une soirée de contes sur le thème des animaux préparée par des élèves de l'atelier de Xavier Lesèche.

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Une soirée contes à Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2015 (2)

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Outre qu'elle me rappelle, par son aspect théâtral et mystérieux, le film "Céline et Julie vont en bateau" de Jacques Rivette, cette scène de présentation de la soirée contes m'a permis de pondre, lors du repas qui a suivi, cette krapoverie incroyable :

"Un bestiaire, c'est là où on se dévarrasse de ses bêtements".

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Une soirée contes à Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2015 (3)

Au moment du  finale de cette soirée contes, le type assis au premier rang sort de son étui un ukulélé rose et, pendant les applaudissements il commence à jouer les premiers accords de la chanson "Le p'tit chat" des Ogres de Barback. Les conteurs et conteuses reviennent alors sur scène et l'entament tous en choeur. 

Puis c'est au tour des conteurs du cru de venir lire ou déclamer un texte. 

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C'est ainsi que nous avons pu réentendre, grâce à la petite dame du milieu cette merveille d'une époque presque oubliée : 

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Une soirée contes à Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2015 (4)

A la question "Quelqu'un a-t-il encore un conte à dire ?" le joueur de ukulélé rose répond "Moi, camarade !" Il se lève péniblement de sa chaise et d'une voix visiblement embuée par l'abus d'alcool, Joe Krapov, car c'est lui, raconte cette histoire empruntée à Mikhail Zochtchenko : 

"La limonade"

Raconté avec une voix d’ivrogne éméché

Moi, je ne bois pas. Quand il m'arrive de boire, des fois, je bois peu, juste ce qu’il faut pour respecter les convenances ou pour soutenir une joyeuse compagnie.

De toute façon il m'est absolument impossible de descendre plus de deux bouteilles par jour. Ma santé me l'interdit. Une fois, je me rappelle, quand j’avais un ange gardien, j'en ai descendu quatre ! Mais c'était dans mes années de force et de jeunesse, quand mon coeur battait la chamade et que ma tête étincelait de diverses idées plus audacieuses les unes que les autres.

Maintenant, j’ai vieilli. Un copain à moi, qui est infirmier vétérinaire, le camarade Grenouillovsky, m'a examiné l'autre jour, et, vous savez, il a même eu peur. Il tremblait.

- Chez toi, m’a-t-il dit, la dévastation est totale. Comment savoir où se trouve ton foie ? Ta vessie? Impossible de le dire ! Tout est usé la dedans !

Alors j’ai pensé que je ferais bien d’aller voir un bon médecin pour vérifier.

Le médecin n'a trouvé aucune dévastation.

- Vos organes, a-t-il dit, sont en assez bon état. Et votre vessie se tient parfaitement bien et ne fuit pas. Quant au coeur, il est encore tout à fait excellent, il est même plus costaud que la normale. Mais, vous devez arrêter de boire, sinon il pourrait vous arriver de tomber raide mort tout simplement.

Or, je n'ai aucune envie de crever, bien sûr. J'aime la vie. je suis encore jeune. Au début de l’année j'ai eu juste quarante-trois ans. Je suis à vrai dire, au zénith de ma santé et de mes forces. Mon coeur bat majestueusement dans ma poitrine. Et, c’est l'essentiel, ma vessie ne fuit pas. Avec une vessie pareille, il n'y a qu'à vivre et à s'amuser. Alors je pense : oui, effectivement, il ne faut plus picoler. C’est pourquoi j'ai décidé d'arrêter.

Aussitôt après la visite, je ne bois pas. Une demi-heure, je ne bois toujours pas. Pendant une heure, pendant deux heures, abstinence. A sept heures je suis allé dîner à ma brasserie.

J'ai consommé un potage. Puis j'ai entamé la viande, et à ce moment-là j'ai eu envie de boire. J’ai pensé : au lieu d'une boisson alcoolisée, je vais demander quelque chose de moins excitant, de l'eau minérale ou de la limonade. J'appelle.

- Eh toi, dis-je au gars qui m'a apporté les plats, amène-moi une limonade, camarade !

Aussitôt, on m'apporte une carafe de limonade sur un plateau. J’en verse dans mon verre. Je bois dans ce verre, je goûte... Mmmmm ! On dirait de la vodka, dis donc ! J’en verse encore. Oui, c'est pratiquement de la vodka. C'est de la sorcellerie! Je verse le reste : c'est carrément de la vraie de vraie.

Je crie : une autre carafe !

Voilà, je pense, ça va mieux ! C’est pas si dur que ça finalement de se mettre à la limonade !

Il apporte une autre carafe.

J'ai de nouveau goûté. Quand même, aucun doute, c'est de la vodka au naturel ce truc !Je l’ai bien vu au prix quand j'ai payé la note, et alors là j'ai quand même fait une remarque.

- Moi, j'ai demandé de la limonade, et qu'est-ce que tu m'apportes, tête de lard?

Et l’autre a répondu :
- Mais chez nous, ça s'appelle comme ça depuis toujours ! C’est un mot tout à fait légal ! Il vient de l’ancien régime. Quant à la limonade au naturel, on n'en a pas, personne n’en demande jamais.

- Alors si c’est comme ça, apporte m’en une dernière pour la route !

Et voilà comment je n’ai pas pu m’arrêter de boire alors que je le désirais ardemment. C’est comme ça, les circonstances m’en ont empêché. La vie dicte ses lois. Il faut lui obéir.

 

Après on est passés dans la salle d'à côté pour un potlatch fameusement appétissant. J'en ai ramené deux images de bouteilles assez drôles...

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... et, vous me croirez si vous voulez, mais à part un verre de Bordeaux avec les plats salés, je n'ai bu que du jus de pomme tout le reste de la soirée. C'est pourquoi je ne comprends absolument pas, après la journée chargée de samedi, pourquoi je me suis réveillé avec une migraine carabinée le dimanche ! C'est sans doute à cause de la tarte au citron meringuée de Marina Bourgeoizovna qui était un régal !

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Les B Car... à la Bibliothèque Lucien Rose à Rennes le 28 février 2015 (2)

Désolé pour le chanteur, M. Gilles Bémol, qui se trouve hors champ !
Et sur la photo, il est flou !
(Pourquoi tu bouges tout le temps, aussi ? ;-) )

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D'autres vidéos suivront, bien évidemment et il y en a déjà sur le site du groupe.

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Les B Car... à la Bibliothèque Lucien Rose à Rennes le 28 février 2015 (1)

A l'issue de ce concert juke-box dans le cadre bien particulier d'une bibliothèque rennaise (que je fréquente souvent), j'ai décidé de baptiser mon ukulélé. Désormais, il s'appellera Lucien ! (Comprend qui peut, comme disait Boby). 

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UNE ENFANCE DE CASANOVA (MAIS IL S’AGIT DE JACQUES-HENRI)

Les rosières à la roseraie, rosissantes plus que de raison, séduisantes ou laiderons, tournaient en rond comme du liseron autour du réséda, oui-da, car c’était l’heure du laridé et l’on s’en faisait, du mouron, comme des idées l’abbé Mouret, à se voir aussi soupe au lait avec ses desiderata d’amoureuse peu pétaradante, à se demander, hésitante, s’il faut payer rubis sur l’oncle, pour la nièce niaise, une fois qu’elle s’est décidée à se dire « Demain j’oserai demander au grand échalas Nicolas qu’il me fasse la courte échelle, l’écarte-scrupules existentiels pour monter au septième ciel ».

Elles étaient jolies les Rennaises à l’époque du bassin à bateaux près de l’entrée Palestine du jardin du Thabor ! Bateliers bateleurs, nous nous bonimentions, nous promettions d’accaparer tous ces trésors ! Des Marius de treize ans rêvaient de Cléopâtre, des mariolles de seize ans se prenaient pour César avant que le temps ne les concasse et que l’âge ne nous les brise !

On se demandait, m’as-tu-vu mutiques : « Que matas-tu là, sur ton matelas, jeune matelot ? Est-ce Pétula ? Sous ton air matois de matou miteux, tu m’eus l’air ma foi, bien ambitieux de rêver matin à cette mutine tandis que montait depuis la cuisine le fumet tentant d’un bœuf miroton ! Non mais dis-donc, mon angelot, t’as vu la taille de ton javelot ? Dis, jeune os fait rature, as-tu vu ta littérature comme elle eut saisons et châteaux, oraisons et dents de râteau lorsque le vampire rendait l’eau devant ces gousses d’aïe aïe aïe brandissant le mot « épousailles » ? ».

Près du kiosque à musique, qu’est-ce qu’on s’amusait ! Juliette la boniche y pousse le landau moche dans lequel braille le mioche de la famille Binoche mais on n’est pas mirauds, on voit bien les képis, on voit bien les shakos qui coiffent la caboche des militaires cupides : ils convoitent nos biches et leur tournent autour sous l’œil plus ou moins torve des languides belles-doches que viennent piquer les mouches attirées par la morve du bébé qui chie dans sa couche. Face d’ange ! Fesse Fange ! Appel Change ! Nouveaux Langes ! Fais la bête ! Mais tu attendras, mon chameau, avant qu’elle soit à deux dos ! Mais tu attendras méchamment avant qu’elle te mène au dodo et tant pis si cela démange de façon lascive ou étrange !

 

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Dans la cabine de douche, rêvas-tu de sa bouche ? Entendis-tu son chant ou point quand tu te passas du shampooing ? La puberté t’abreuva tôt de tentations ! Près de la volière chinoise, tu regardais les dem-oiselles dont virevoltaient les dentelles. Ce n’était pas l’Enfer mais presque parmi ces oiseaux gigantesques aux proportions plus que dantesques.

Quand tu fais le ménage de tes méninges surnage l’image du manège, des jardins sous la neige, des statues dénudées dénuées de pudeur autour desquelles nous courions tirant nos luges comme au déluge loin des horloges des concierges. C’étaient des jeudis sans radis dans le paradis du rodage, bien avant le marivaudage, le rigodon et le volage, c’étaient des temps de rigolade, de petits entrains interlude, des temps heureux dont les auras ne nous seront jamais rendues par les Zorros arides qui sévissent aujourd’hui et nuisent à nos noces comme à nos nostalgies. Nos romances d’hier, quand nous étions Robin, sont plus belles, robots, que vos performances de demain ! And so long, Marianne !

Que Paris conserve sa messe et ses Français dévots de ville ! Le jardin du Thabor vaut bien pour ses variances, sa luxure, sa luxuriance celui du Luxembourg en matière de folies. Souvenez-vous, bergères ! Je n’y épargnai pas la force de mon âge. Et s’il se trouvait à refaire, même en chemin de fer, même dans l’Enfer, même à l’envers tout cet apprentissage demain dans les cordages, de seins dans les corsages, de sain dans les corps sages, de comblement de lacunes, ben j’y retournerais ! Et plutôt deux fois qu’une !

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 23 février 2015 à partir de cette consigne.

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PARTICIPATION LAPIDAIRE

J’ai toujours été bon élève
Sauf ici où je fais le cancre
- On m’a laissé voix au chat-pitre ! –
Aussi je n’ai jamais connu
Le supplice du porte-manteau.

On y suspendait autrefois
Les élèves dissipateurs.

C’est sans doute légende urbaine :
Le morveux pèse un certain poids
Et deux clous peuvent-ils tenir
Face à la lourdeur de ce crime ?

Qui plus est, nous étions
A l’école publique.

Si cela avait existé,
Ce n’eût été rien à côté
Des punitions dans le privé
Où les pauvres devaient réciter

 

DDS 339 Trois patères et deux navets

P.S. Qu’on me jette la première pierre :
On trouve en mon carnet parfois
Des liaisons mal-t-à propos !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 339 à partir de cette consigne

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