Le poète :
Un dragon qui serait de taille épouvantable,
Pourvu, en supplément, d’une humeur fort méchante,
D’écailles, de deux ailes et d’une queue battante,
De pattes fort griffues, d’un gueuloir redoutable,
Qui cracherait le feu partout autour de lui
Et qui viendrait chez nous s’installer aujourd’hui ?

(Une telle Géhenne
Je l’imagine à peine !)

140430 288

Le paysan :
Un dragon qui viendrait nous bouffer nos moutons
Alors que c’est disette en ces temps reculés
Et que les Dieux nous ont à Misère acculés,
Condamnés à la schlague et aux coups de bâtons ?
Les rascals du château au service du roi
Ne pourraient-ils donc pas lui imposer leur loi ?

(Les puissants peuvent-ils
Un jour se rendre utiles ?)

140430 297

Le roi :
Un dragon que craindraient mes « braves » chevaliers,
Qui les verrait tous fuir vers un lointain exil
Plutôt que d’affronter ce « buffalo au grill » ?
J’avoue que ces combats sont plutôt singuliers
Où l’on voit décamper mes « top chefs » bien ruinés
Devant ce gros lézard qui les a calcinés !

(Ne serait-ce pas là
Une Bérézina ?)

140430 311

La princesse :
Un dragon qui voudrait croquer de la princesse ?
Sans même lui avoir offert un brin de cour ?
Mon jeune iguanodon, reconnais que c’est court
Et que tu ne fais pas dans la délicatesse !
Te crois-tu tout permis avec ton brasero ?
(Elle sort son portable et appelle Zorro)

(J’ai peine à croire
A cette histoire !)

140430 312

Saint-Georges :
Un dragon que je suis venu faire plier !
Dans son sang répandu une rose a fleuri,
Un peuple libéré tout à coup a souri
Je leur ai demandé de se mettre à prier
Car la bête toujours est prête à repartir
Et puis je suis allé où va chaque martyr.

(Ah j’ai failli m’en étouffer
Tant c’est anaphore de café !)

Les photos ont été prises à la Casa Amatller de Barcelone le 30 avril 2014.