La Mo Cie aux Tombées de la nuit à Rennes le 5 juillet 2011 (4)

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Ce spectacle de danse de rue s'intitulait "Présence".

Le site web de la compagnie Mo est ici

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18 mars 2013

Un graff au quai d'Auchel le 17 mars 2013 (1)

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L'argent non plus alors on est quittes !

(En attendant je suis content de ne plus tousser et d'avoir pu recourir trois kilomètres ce dimanche !)

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Un graff au quai d'Auchel le 17 mars 2013 (2)

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L'homme au couteau entre les dents n'est plus celui qu'on croit ?

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Ce qu'on pouvait lire au quai d'Auchel à Rennes le 17 mars 2013

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C'est sans doute vrai, mon adjudant, mais si vous me laissez parler, je peux tenir le crachoir des heures durant sur la nullité du bordel ambiant !

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Choses lues (et inventées) square Simone Morand à Rennes le 17 mars 2013

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On n'en finira donc jamais avec cet interminable hiver ?

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17 mars 2013

LA VULGARITE DES CYCLOPES / Marie-France T. : 1ères pages par Joe Krapov

 

Roman Marie-France T la vulgarité des cyclopes

- C’est sûr qu’on nous a filé le sale boulot, commença Polyphème.
- Les Dieux sont des enfoirés, ajouta Polyphonique. Nous n’avons qu’un seul œil au milieu du front et leur grande plaisanterie a toujours été de nous conseiller : « Ouvre l’œil et le bon ! ».
- Un peu comme l’autre avec son : « C’est vous, le nègre ? Continuez ! ».
- Je sais bien qu’il faut travailler pour gagner sa moussaka…
- Il paraît qu’il y a du cheval de Troie, dedans, maintenant !
- … mais tranformer les îles dans lesquelles nous gardions nos moutons en prison pour la lie de la société grecque, c’est un peu fort de café !
- Nous-mêmes sommes devenus des matons.
- Et pendant ce temps-là les dieux et demi-dieux voyagent dans des îles idylliques.
- Ils y sont accueillis par des magiciennes qui leur en font voir de toutes les couleurs.
- Pendant ce temps, nous, côté sexes, zéro ! Nada ! Que nibe ! Que dalle ! Rien ! Crois-tu que les Dieux se seraient souciés de nous donner des compagnes ? Que tchi, que tchi, comme on dit en Corse !
- Pas même une monstruosité comme la femme à trois seins, la sirène à patte, la Vénus sans bras ou la petite sœur de Cléopâtre.
- Pas la moindre petite Amazone bleue ! ajouta Polycarpe qui était resté muet jusque-là.
- Ils croient peut-être qu’on est aussi tantouses que Socrate et Platon, ces histrions !
- Bref, mes chers amis, je propose que nous nous mettions en grève, suggéra Polystirène.
- Que nous rassemblions nos forces pour construire un immense vaisseau sur lequel nous embarquerons tous lança Polygarchique.
- Tout plutôt que de rester là à attendre que le meilleur d’entre nous se fasse ridiculiser par cet imbécile d’Ulysse.
- Je crois que c’est à nous de réécrire l’histoire, ajouta Polygraphe. Il ne sera pas dit que devrons toujours nous faire damer le pion en matière de récit d’aventure par cet Homère, qui, de surcroît, est aveugle !
- Au royaume des borgnes, les aveugles n’ont pas à être les rois !
- Partons à l’aventure, sillonnons le monde !
- Tout ça, c’est bien joli, admit Polytraumatisé mais quelqu’un a-t-il des connaissances en architecture navale ?
- Moi je sais faire des cocottes en papier, glissa doucement Multiredoublant, des bateaux et aussi des bombes à eau.
- Et merde ! Ca me troue un peu le cul, mais avec des présupposés comme ça et une telle équipe de bras cassés, jele sentais bien venir que ce bouquin, malgré sa jolie couverture, n’irait pas beaucoup plus loin que sa page 1 !

Ecrit pour l'Atelier d'écriture de Villejean le 12 mars 2013.

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L'EMPREINTE DE L'INSPECTEUR / Mata-Haryvonne : quatrième de couv. par Joe Krapov

 

couverture roman mata-haryvonne l'empreinte de l'inspecteur

Mai 68 dans le Finistère ! Toutes les écoles sont en grève et les élèves du primaire ont droit à des vacances forcées. Même l’inspecteur d’académie, Raymond Quercabellec s’octroie, contraint et forcé, un repos anticipé. Non loin de Lesneven, il a posé, dans un champ isolé, sa caravane pliante nouvellement achetée. Mais depuis son arrivée, des phénomènes mystérieux commencent à faire jaser dans Plouescat : Des chèvres disparaissent, la statue de la Vierge verse des larmes de sang dans l’église locale et les jeunes filles qui vont se baigner ont l’impression d’être épiées dans la dune de Ker Emma.
Bien qu’il porte un mince collier de barbe, Raymond Quercabellec n’est-il pas le bouc émissaire tout trouvé pour un règlement de comptes purement local ?
Ecrit par une enseignante sous le pseudonyme de Mata-Haryvonne, ce roman policier humoristique apporte la preuve que son auteur connaît autant l’éducation nationale que les traditions régionales ! Plus que le raisiné le cidre coule à flots et le lecteur se paie quand même un sacrée pinte de bon sang car parmi les personnages de cette kig ha farz grandiose, il y a aussi un vampire qui joue du blues !

Ecrit pour l'Atelier d'écriture de Villejean le 12 mars 2013.

 

ARE THERE ANYMORE REAL COWBOYS ? par Joe Krapov

Ils sont venus dès qu'ils ont entendu ce cri, ils sont tous là, il va mourir, Wang Pekin Pao !

Pour l'instant ils font antichambre en bas, dans l'immense salon de réception de cette grande propriété américaine.

Ils lui doivent tous un peu de leur situation au patriarche milliardaire. C'est pourquoi ils se taisent et se toisent en attendant que le vieux clamse.

Là-haut dans sa chambre, le mourant tire sur sa pipe d'opium car il n'est pas encore temps de la casser tout à fait. Il a l'air aussi tranquille qu'un missionnaire de l'église baptiste mais ce n'est qu'apparence. Sa vieille épouse, silencieuse à ses côtés, sait bien qu'il attend et elle sait qui il attend.

- Pas d'autres nouvelles du petit-fils ? demande-t-il entre deux ronds de fumée.
- Son avion a atterri à 12 h 13. J'ai envoyé le chauffeur le prendre à l'aéroport.
- C'est bien. Passe-moi la photo.

De son grand-père, Sam Pekin Pao, il ne lui reste que cette photographie. Encore ne représente-t-elle ni le vieil immigré édenté qu'il a connu enfant ni le jeune architecte immigrant dont les sacrifices et les efforts sont à l'origine de la réussite familiale sur le territoire des Etats-Unis. Il s'agit en fait d'une ferme située là-bas en Chine. L'aïeul y avait exécuté son premier contrat. On l'avait mis au défi de réaliser une porte un peu spéciale.

MIC 2013 03 11 farmhouse door, sam hakes

De fait, ce travail relevait de la gageure : à part cinquante centimètres au sol, le chambranle de la porte à créer était régulièrement circulaire. Tous ses prédécesseurs s'y étaient cassé les dents pour une raison bien simple : s'ils ne mettaient qu'un seul gond, le poids de la porte une fois ouverte et l'équilibre précaire du cercle reposant sur un seul point au sol n'avaient qu'une conséquence : la porte se cassait la gueule, le gond se descellait, tout était à refaire.

Ceux qui posaient un deuxième gond se trouvaient dans une position pire encore : la porte ne pivotait plus !

Grand'père Sam faisait rire toute la famille en racontant à sa façon comment il avait coupé la poire en deux : « Quand l'imbécile montre la Lune, le sage regarde les croissants qui la précèdent et qui la suivent. Si tu veux être un battant dans la vie, commence d'abord par en imaginer deux pour ta porte ! »

Comme le jeune homme, à l'époque, ne manquait pas de ressort, il en avait ajouté deux et la porte se refermait automatiquement comme si un groom magique et invisible était chargé de cela. Fier de sa trouvaille, il avait monté son entreprise puis émigré aux Etats-Unis. Il y avait fait fortune en plaçant un peu partout et notamment à l'entrée des saloons qui faisaient florès à l'époque sa porte « Pekin Pao ».

MIC 2013 03 11 porte de saloon

 

Tout cela était très loin maintenant et la Pekin Pao Enterprise vendait maintenant des immeubles entiers équipés de cellules photo-électriques, d'informatique intégrée, des appartements intelligents dans lesquels tout était programmable et programmé.

Tout comme son grand-père Sam, le vieux Wang avait réussi pleinement sa vie et il serait bien parti tranquillement vers les prairies de l'Eternel, une nouvelle vie dans un nouveau corps ou même vers « rien du tout où on vous foute la paix » si une question annexe, ridicule et superfétatoire ne l'avait pas taraudé ces dernières années. Une question d'autant plus stupide que ce souvenir ne lui appartenait même pas en propre ! Il n'empêche, elle lui faisait le même effet qu'un petit caillou dans la godasse du randonneur.
Et c'est son propre petit-fils qu'il avait chargé de LA mission. Zozo Pekin Pao venait de passer six mois au pays des ancêtres. A force d'explorations au pays du fleuve jaune et de questions posées au pays du fleuve bleu, il avait fini par retrouver l'endroit, le mur de ferme demeuré intact avec son trou circulaire. De là-bas, il avait envoyé un double de la photo que le vieux tenait maintenant serrée contre son cœur.

Soudain Wang entendit crisser les pneus de la voiture sur le gravier de l'allée. La limousine s'immobilisa devant le perron.

Zozo en descendit, cravaté, vêtu d'un costume bleu ciel, l'attaché-case traditionnel à la main et les lunettes à monture d'écaille sur le nez. Il ne salua personne dans le hall alors que tous les regards inquiets du salon de réception s'étaient tournés vers le nouvel arrivant.

Il grimpa l'escalier quatre à quatre, rectifia le nœud de sa cravate et frappa à la porte de la chambre. Sa grand'mère lui ouvrit la porte. Il l'embrassa. Elle essuya une larme, lui serra le bras et elle sortit de la chambre, le laissant seul avec l'ancêtre.

Il s'approcha du lit, regarda Wang. Le grand-père avait le teint cireux mais l'œil encore vif, les mains croisées sur la poitrine. Il s'inclina respectueusement devant l'aïeul.

- Alors, demanda le vieux. As-tu la réponse ?

Zozo s'assit, posa son attaché-case sur le sol. Il croisa les jambes, étira les bras.

- J'ai la réponse, grand-père !
- Toute une vie, Zozo ! Toute une vie ! On peut être actif toute sa vie, tout comprendre à l'économie, faire de l'argent, réussir financièrement, socialement, se rendre indispensable à ses contemporains, avoir la reconnaissance des puissants de ce monde. Il y en a même, excuse-moi, mais nous sommes entre hommes, n'est-ce pas, qui font des étincelles avec leur bite et qui la mettent dans toutes les prises de courant qui passent à leur portée !
- J'ai toujours évité de loger dans une suite qui aurait porté le n° 2806, grand père. Je sais que ce nombre porte malheur !
- Tout est possible, tout est réalisable dans une vie humaine. La science et la conscience n'ont cessé de nous faire progresser mais personne ne peut rien contre le caillou dans la godasse ! Et parfois tu te déchausses, tu secoues, tu as l'impression que le caillou tombe et quand tu remets la grolle il y a toujours une pointe qui te rentre dans le talon.
- Tu te trompes, grand-père Wang. L'obstination humaine vient à bout de tout.
- Ca m'aurait vraiment fait mal au cul de partir sans savoir pourquoi cet architecte de merde a imaginé une porte ronde à cette ferme pourrie d'où toute notre histoire est partie !

Il reposa la photo sur la table de chevet.

- Est-ce qu'on était seulement en état de deviner ?
- C'est un peu tordu, de fait.
- Vas-y, dis. Attends, avant, remonte mon oreiller !

Le petit-fils s'exécuta.

- Alors ?
- C'était l'enceinte d'un élevage.
- Mais encore ?
- Un élevage de paons.
- Je ne comprends pas ? Ca explique quoi ?
- Le paon fait la roue.
- C'est aussi con que ça ?
- Si on veut. Mais ses plumes sont très recherchées. Elles servent dans la mode et la chapellerie.

Le vieux tira une longue bouffée de sa pipe. Ses yeux pétillaient de malice désormais.

- Toi, tu me caches encore quelque chose !
- Ca m'a donné une idée, grand-père. J'ai racheté tous les élevages de paon que j'ai pu trouver là-bas.
- Et ?
- Et j'ai aussi racheté la fabrique de chapeaux de Phenix. Et les droits de la chanson de Maurice Chevalier.
- J'ai compris. Tu vas lancer... Tu vas relancer... Le chapeau de Zozo !

Le jeune technocrate esquissa un sourire. Ce grand-père Wang quand même, quelle culture, quelle complicité !

- Donne-moi mes bottes, Zozo et décroche mon Stetson de la patère. Tu vas me raconter tout ça plus en détail au restaurant !

Bientôt le vieil homme ne ressemble plus du tout au mourant qu'il était il y a encore une heure. Puis, suivi d'un jeune type effacé et admiratif, le vieux cow-boy fringant descend le grand escalier.

- Rentrez chez vous, bande de fainéants, lance-t-il aux éplorés silencieux du salon de réception. Nous avons encore à faire ici-bas ! Les Chinois viennent de réinventer la roue !

Ils en restent muets de surprise !

Ecrit pour "Un mot une image, une citation" du 11 mars 2013.

Le titre du texte est aussi celui d'une chanson de Neil Young :


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DRÔLES DE NUMEROS (Joe Krapov)

20 000 a peur des profondeurs et craint les capitaines comme personne.

69 ne prend jamais le volant quand il y a du verglas : il n’aime pas l’idée du tête à queue.

666 a peur qu’on l’envoie se faire voir chez les Grecs. Il aime bien Aphrodite mais pas trop ses enfants.

813 a peur qu’on le cambriole pendant que sonnent les huit coups de l’horloge dans l’ile aux trente cercueils.

747 souffre d’aérodromphobie et 714 ne veut pas s’envoler pour Sydney.

3,1416 est hypocondriaque : il peur que ça ne tourne pas rond dans sa p’tite tête ou pis encore.

6,35, 7,65 et 12,7 ont peur des armes à feu.

5000 craint de tomber du quai en arrivant au port.

22 a en horreur les bavures policières et 36 craint de voir des étoiles au même n° du quai des Orfèvres.

404 n’aime pas les erreurs.

732 se met martel en tête à cause des migrations internationales.

421 a du mal à entrer en piste : il se sent mal armé face aux coups du hasard.

451 a peur pour sa bibliothèque quand il fait chaud.

33 est comme moi : il traîne les pieds et tire la langue chaque fois qu’il est nécessaire d’aller chez le médecin !

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Ecrit pour Le Défi du samedi n° 237 et publié le samedi 16 mars 2013